
Louer un appartement à Paris en expatrié : le bon dossier
Dans cet articleafficher
- 11,78 million de Français à l'étranger, et un dossier que Paris ne sait pas lire
- 2Louer sans avis d'imposition français : ce que le décret vous permet de fournir
- 3Le vrai filtre : l'assurance loyers impayés du propriétaire
- 4Votre profil, cas par cas
- 5Garant à l'étranger, caution bancaire, garant en ligne : ce qui reste possible
- 6Banque, RIB, IBAN : à régler avant le premier rendez-vous
- 7Retour d'expatriation : les premiers mois à Paris
- 8Le dossier qui s'explique tout seul
- 9Ce que nous faisons, et pour qui
- 10Vos questions sur la location à Paris en expatrié
🧳 1,78 million de Français à l'étranger, et un dossier que Paris ne sait pas lire
Au 1er janvier 2026, 1 784 975 Français étaient inscrits au registre des Français établis hors de France, selon le décret du 22 janvier 2026 qui authentifie cette population. Une partie d'entre eux rentre chaque année, souvent à Paris, souvent avec une date de prise de poste. Et presque tous découvrent la même chose au premier rendez-vous : des revenus solides, une carrière lisible, et un dossier que personne ne sait lire.
Pas d'avis d'imposition français, des bulletins de paie en livres, en dollars ou en francs suisses, un garant à Singapour, un IBAN qui ne commence pas par FR. Face à 41 candidatures par annonce à Paris au premier semestre 2026, d'après le baromètre de Manda, un dossier qui demande une explication part avec un handicap, même quand il est le meilleur de la pile.
Ce guide rappelle ce que la loi vous permet de fournir à la place des pièces françaises, explique d'où vient le vrai blocage (presque jamais le propriétaire lui-même), puis déroule, profil par profil, ce qui passe, ce qui coince et le plan B. Que vous rentriez ou que vous arriviez, tout s'applique de la même façon : le droit ne distingue pas le Français de retour du cadre étranger qui s'installe.
📌 Ce que vous saurez en fin de lecture
Quelles pièces étrangères remplacent légalement les pièces françaises, pourquoi la grille de l'assureur du propriétaire compte plus que son avis, ce que vaut un garant resté à l'étranger, comment régler la banque avant la première visite, et quelle transition choisir le temps d'avoir des bulletins français. Les textes en vigueur sont cités au fil du texte.
📜 Louer sans avis d'imposition français : ce que le décret vous permet de fournir
La liste des pièces qu'un propriétaire peut vous demander est fixée par le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015. Elle est limitative : le propriétaire ne peut pas en exiger d'autres, nous l'avons détaillé dans notre guide du dossier de location à Paris. Ce qui intéresse l'expatrié, c'est que ce texte a été écrit en pensant à lui.
Son annexe I prévoit, parmi les justificatifs de ressources, « lorsque tout ou partie des revenus perçus n'a pas été imposé en France mais dans un autre État ou territoire, le dernier ou avant-dernier avis d'imposition à l'impôt ou aux impôts qui tiennent lieu d'impôt sur le revenu dans cet État ou territoire ou un document en tenant lieu établi par l'administration fiscale de cet État ». Autrement dit : l'avis d'imposition étranger est une pièce prévue par le texte, pas une tolérance. Un propriétaire ne peut pas exiger un avis français à la place : le décret dit précisément quoi fournir dans ce cas.
L'article 1 du même décret règle la question de la langue et de la monnaie : les pièces « sont rédigées ou traduites en langue française et les montants inscrits convertis en euros », et « les documents originaux doivent pouvoir être présentés à la demande du bailleur ». Trois conséquences pratiques.
- →Des copies suffisent. Le texte le dit en toutes lettres. Gardez les originaux à portée de main, numérisés, pour les montrer si on vous les demande.
- →Une traduction, pas forcément assermentée. Le décret demande des pièces « traduites en langue française », sans exiger de traducteur assermenté. Certains bailleurs en réclament une quand même : c'est leur choix, pas une obligation légale. Une traduction propre, aux intitulés clairs, suffit au regard du texte.
- →La conversion en euros est à votre charge. Indiquez le taux utilisé et sa date à côté de chaque montant. Un lecteur pressé doit voir le chiffre en euros sans calculer.
Voici, bloc par bloc, ce que le propriétaire attend d'un candidat français et ce que vous fournissez à la place.
| Bloc du décret | Pièce française attendue | Ce que vous fournissez depuis l'étranger |
|---|---|---|
| Identité | Carte d'identité ou passeport | Passeport français ou étranger ; titre de séjour ou visa pour un candidat étranger |
| Domicile (une seule pièce) | Trois dernières quittances de loyer | Quittances ou attestation de votre bailleur à l'étranger, traduites ; attestation d'hébergement si vous êtes logé chez des proches en attendant |
| Activité | Contrat de travail français | Contrat français s'il est signé ; sinon attestation de l'employeur précisant l'emploi, la rémunération, la date d'entrée et, le cas échéant, la durée de la période d'essai |
| Ressources | Avis d'imposition français, trois derniers bulletins de paie | Avis d'imposition du pays où vos revenus ont été imposés (ou document de son administration fiscale), traduit, montants convertis ; bulletins étrangers traduits et convertis |
Pourquoi l'avis français manque-t-il ? Parce qu'il n'existe pas encore. Sans obligation fiscale en France pendant votre expatriation, impots.gouv.fr précise que c'est « l'année (N+1) qui suit celle de votre arrivée/retour en France » que vous déclarez vos revenus, du retour au 31 décembre. Le premier avis français arrive après cette déclaration. Entre-temps, l'avis étranger et vos premiers bulletins français tiennent lieu de justificatifs.
🔍 Le vrai filtre : l'assurance loyers impayés du propriétaire
Voici ce que personne ne vous dit. Quand un propriétaire parisien répond « votre dossier ne passe pas », il juge rarement votre dossier : il applique la grille de son assureur. La plupart des bailleurs qui passent par une agence souscrivent une assurance loyers impayés, souvent appelée GLI, qui ne les couvre que si le locataire entre dans des cases écrites à l'avance. Un locataire hors des cases, c'est un propriétaire sans assurance. Il refuse, quel que soit le montant de vos revenus.
Nous avons lu un contrat pour vous : les conditions générales de la garantie loyers impayés Galian (version d'octobre 2023, distribuée par la MAIF). C'est un exemple, pas la règle de tous les assureurs : chaque contrat a sa grille. Mais celui-ci est parlant.
| Situation du locataire (exemple : contrat Galian) | Taux d'effort maximal | Ce que cela signifie pour un expatrié |
|---|---|---|
| CDI hors période d'essai, en France | 37 % des revenus | Le cas qui passe : muté dans son groupe, ou embauché avec une période d'essai terminée |
| Salarié à l'étranger | 37 % (comme un CDI) | Admis « uniquement » en Allemagne, au Luxembourg, en Suisse et en Belgique, en CDI depuis plus de 3 mois, hors essai et « imposable en France » : les frontaliers, pas les expatriés |
| CDI « en mobilité » | 30 % des revenus | Salarié en période d'essai ou en cours de démission pour un nouveau CDI, « à condition de justifier d'un CDI de minimum 2 ans préalablement » |
| Retraité | 37 %, ou reste à vivre minimal | Justificatif demandé : le décompte des « retraites versées en France » et le dernier avis d'imposition |
Trois enseignements, avec la prudence due à un seul contrat.
- →Les revenus versés de l'étranger sont hors grille. Un salaire payé à Londres, Dubaï ou New York n'entre dans aucune case de ce contrat, sauf pour les salariés des quatre pays frontaliers imposables en France. Le propriétaire assuré ne peut pas le compter, même s'il le voulait.
- →L'avis d'imposition français sert de contrôle. Pour chaque situation, le contrat demande le « dernier avis d'imposition (pris en compte pour vérifier la concordance avec les bulletins de paye) ». Il confirme les bulletins plus qu'il ne les remplace ; son absence oblige l'agence à argumenter, et beaucoup préfèrent le dossier suivant.
- →La période d'essai a une porte étroite. Le cas « mobilité » accepte un salarié en période d'essai s'il justifie de deux ans de CDI avant son nouveau poste, à un taux d'effort plus strict. Le contrat ne dit pas si un CDI étranger compte : demandez-le, ne le supposez pas.
Mettons des euros sur ces pourcentages. Le loyer médian à Paris intra-muros est de 27,3 € le m² hors charges d'après l'Observatoire des loyers de l'agglomération parisienne (données 2025). Au loyer médian, un 50 m² se loue donc 1 365 € hors charges. Avec un taux d'effort de 37 % calculé sur le loyer charges comprises, il faut autour de 3 700 € nets par mois avant même d'ajouter les charges ; à 30 %, le seuil du cas « mobilité », on passe à environ 4 550 €. La règle usuelle du revenu égal à trois fois le loyer donne un ordre de grandeur voisin, un peu au-dessus de 4 000 €.
⚠️ Le garant ne sauve pas un dossier hors grille
Beaucoup d'expatriés pensent compenser des revenus étrangers par un garant. Chez un propriétaire assuré, c'est inutile par construction : l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 interdit, « à peine de nullité », de demander un cautionnement quand le bailleur a souscrit une assurance loyers impayés, sauf pour un étudiant ou un apprenti. Seul votre propre dossier, lu par l'assureur, décide. Le garant ne redevient un argument que chez un propriétaire qui n'est pas assuré.
👤 Votre profil, cas par cas
« Expatrié » recouvre quatre situations qui n'ont rien à voir pour un assureur. Ces lignes décrivent le marché, pas une promesse : la décision reste celle du propriétaire et de son assureur ; les profils que nous accompagnons nous-mêmes sont indiqués plus bas.
Muté ou détaché, qui rentre en CDI dans son groupe
Ce qui passe. C'est le profil le plus simple. Votre contrat français est signé, souvent sans nouvelle période d'essai puisque vous restez dans la même entreprise, et votre salaire tombe sur un compte français dès le premier mois. Vous entrez dans la case « CDI hors période d'essai » de la plupart des grilles.
Ce qui coince. Les bulletins de paie : vous n'en avez pas encore trois en France. Le décret prévoit la solution (l'attestation de l'employeur avec la rémunération), le contrat Galian aussi (« à défaut, les bulletins depuis la signature du contrat »). Le point sensible est l'avis d'imposition, qui n'existera qu'après votre première déclaration.
Le plan B. Il n'en faut guère : une attestation précise de l'employeur, l'avis étranger traduit et converti, une lettre d'une page. Demandez aussi une attestation de mutation : certains assureurs la réclament quand le logement et l'ancien lieu de travail ne sont pas dans la même zone.
Nouvelle embauche en France, en période d'essai
Ce qui passe. La loi est de votre côté : l'attestation de l'employeur mentionnant la durée de la période d'essai est une pièce prévue par le décret, et nul ne peut vous reprocher d'en être là.
Ce qui coince. C'est le cas le plus fréquent du retour, et le plus mal traité. Pour un assureur, un CDI en période d'essai n'est pas un CDI. La porte « mobilité » suppose deux ans de CDI préalables, sans garantie qu'un contrat étranger compte, et un taux d'effort plus serré. À 41 candidatures par annonce, le propriétaire a rarement besoin de prendre ce risque.
Le plan B. Trois pistes. Viser un propriétaire non assuré, souvent un particulier en direct, chez qui garant et épargne redeviennent des arguments. Choisir une location de transition (bail mobilité ou meublé, voir plus bas) le temps que la période d'essai se termine, puis chercher avec trois bulletins français. Enfin, dans les six mois qui suivent une prise de poste, la garantie Visale d'Action Logement peut couvrir le propriétaire à votre place ; ses plafonds et ses limites parisiennes sont dans notre article sur louer à Paris sans garant.
Revenus toujours versés de l'étranger
Ce qui passe. Rien ne vous interdit de louer : la loi ne distingue pas l'origine géographique d'un salaire, et un refus fondé sur la nationalité ou l'origine est une discrimination. Un propriétaire non assuré peut accepter un télétravailleur payé par une entreprise étrangère ou un indépendant facturant hors de France.
Ce qui coince. Chez un bailleur assuré, votre dossier est hors grille et le restera tant que vos revenus ne seront pas versés et imposés en France. Ce n'est pas une question de montant. Un salaire élevé à l'étranger ne vaut pas, pour l'assureur, un salaire moyen en France.
Le plan B. Cibler les propriétaires non assurés avec ce qui les rassure : relevés montrant la régularité des virements, épargne disponible, éventuellement un paiement d'avance (avec la précaution décrite plus bas). Dès qu'un contrat français arrive, le dossier change de catégorie.
Retraité avec une pension étrangère
Ce qui passe. Le retraité est bien vu : revenus stables, pas de période d'essai. Le décret accepte comme justificatif l'avis d'imposition étranger et les justificatifs de pension.
Ce qui coince. La grille Galian, pour reprendre notre exemple, demande le décompte des « retraites versées en France ». Une pension versée par une caisse étrangère n'y entre pas d'elle-même. Là encore, c'est la question du lieu de versement, pas du montant.
Le plan B. Faire verser la pension sur un compte français dès que possible et présenter l'historique des virements. Un patrimoine rassure un propriétaire non assuré ; un assureur n'en tient pas compte.
💡 Posez la question avant de visiter
« Le propriétaire a-t-il une assurance loyers impayés ? » Cette seule question, posée à l'agence au téléphone, vous évite des visites perdues. Si la réponse est oui, demandez si votre situation entre dans la grille de l'assureur. Si la réponse est non, votre garant, votre épargne et votre parcours redeviennent des arguments recevables.
🤝 Garant à l'étranger, caution bancaire, garant en ligne : ce qui reste possible
Commençons par ce que dit le droit, parce qu'il est plus protecteur qu'on ne le croit. Le même article 22-1 de la loi de 1989 précise que le bailleur « ne peut refuser la caution présentée au motif qu'elle ne possède pas la nationalité française ou qu'elle ne réside pas sur le territoire métropolitain ». Un garant qui vit à Montréal ou à Berlin ne peut donc pas être écarté pour ce seul motif. Le Défenseur des droits le rappelait dès 2017 dans son guide « Louer sans discriminer » : refuser une location parce que les garants résident hors de métropole « caractérise une discrimination fondée sur l'origine et le lieu de résidence ». Nuance du même guide : écarter un dossier pour des ressources jugées instables n'est pas discriminatoire. Le droit protège contre le motif, pas contre l'appréciation du risque.
En pratique, chez un bailleur assuré le garant ne compte pas, étranger ou non. Chez un bailleur non assuré, il est recevable mais difficile à actionner depuis la France : présentez pour lui un dossier aussi lisible, traduit et converti que le vôtre.
Trois alternatives existent, que nous décrivons en détail dans l'article sur louer à Paris sans garant.
- →La caution bancaire. Une banque bloque une somme sur un compte et se porte garante auprès du propriétaire. C'est l'option de l'expatrié qui a de l'épargne mais pas de revenus « lisibles ». Elle suppose un compte dans une banque française, d'où l'intérêt de régler la question bancaire en premier.
- →Les garants en ligne. Des sociétés privées se portent caution contre une commission annuelle calculée sur le loyer. Leurs critères d'acceptation pour des revenus perçus à l'étranger ne sont pas publiés : demandez-les par écrit avant de compter dessus.
- →Visale. La garantie gratuite d'Action Logement couvre notamment un salarié dans les six mois qui suivent une prise de fonction ou une mutation, dans la limite d'un plafond de loyer en Île-de-France ; c'est au propriétaire de l'accepter, et elle ne se cumule pas avec un autre garant.
🏦 Banque, RIB, IBAN : à régler avant le premier rendez-vous
C'est le point le plus sous-estimé, et le plus facile à régler à l'avance. Le propriétaire demandera un RIB pour le loyer et regardera un IBAN étranger avec méfiance. Il a tort dans un cas, raison dans l'autre.
Si votre compte est dans un pays de la zone SEPA, le droit est clair. L'Institut national de la consommation rappelle qu'un créancier français doit accepter virements et prélèvements « vers et depuis tous les comptes de la zone SEPA » et « ne peut donc pas refuser les IBAN émis dans d'autres pays appartenant à la zone SEPA », en application du règlement européen SEPA. Un compte allemand, belge ou suisse suffit donc, en droit, pour payer un loyer parisien. Mieux vaut le savoir et le dire calmement que d'en faire un bras de fer au moment de signer.
Si votre compte est hors de la zone SEPA (États-Unis, Asie, Moyen-Orient), ouvrez ou gardez un compte en France avant le retour : c'est le conseil le plus rentable de cet article. Si les banques refusent, ce qui arrive sans adresse ni revenus en France, le droit au compte existe.
- →Le principe. Toute personne refusée par une banque peut saisir la Banque de France, qui désigne un établissement tenu d'ouvrir un compte avec des services de base gratuits (virements, prélèvements, carte à autorisation systématique). La fiche de la Banque de France précise que la procédure est « également accessible aux Français résidant à l'étranger » et qu'elle est gratuite.
- →Le refus qui ouvre le droit. Il faut une attestation de refus. Depuis le décret du 11 mars 2022, rappelle le Sénat dans sa synthèse sur le droit au compte des Français de l'étranger, « le silence d'une banque pendant quinze jours à compter de l'avis de réception vaut refus d'ouverture de compte ». Une lettre recommandée, y compris électronique, restée sans réponse quinze jours suffit donc.
- →Les délais. La Banque de France désigne la banque sous trois jours ouvrés, mais la lettre, les quinze jours d'attente et l'ouverture effective prennent des semaines : à lancer avant de chercher un logement, pas pendant.
📎 Ce que la banque change dans le dossier
Un compte français ne vous fait pas entrer dans la grille d'un assureur : c'est le lieu de versement et d'imposition de vos revenus qui compte, pas la couleur de votre RIB. En revanche, il rend possible une caution bancaire, il rassure le propriétaire non assuré, et il évite la discussion sur l'IBAN au moment de signer.
📅 Retour d'expatriation : les premiers mois à Paris
Beaucoup de retours se jouent sur le calendrier : prise de poste au 1er du mois, rentrée scolaire, conteneur qui arrive. Ceux qui s'en sortent le mieux séparent deux recherches : un logement de transition, vite, puis le vrai logement, une fois le dossier devenu français. L'organisation d'une recherche à distance est décrite dans l'article sur trouver un logement à Paris en mutation ; voici ce qui est propre au retour de l'étranger.
Le bail mobilité. C'est un bail meublé de 1 à 10 mois, non renouvelable, créé pour les occupants temporaires. La fiche service-public.fr liste les situations qui y donnent droit : formation professionnelle, études supérieures, apprentissage, stage, service civique, « mutation professionnelle » et « mission temporaire dans le cadre de l'activité professionnelle ». Le propriétaire « a interdiction de demander un dépôt de garantie », ce qui allège la trésorerie du retour. Deux limites : il faut justifier de la situation, et un retour pour un nouvel emploi n'est pas une mutation : le muté y a droit, le nouvel embauché pas forcément.
Le meublé classique. Pour ceux qui n'entrent pas dans le bail mobilité, un meublé d'un an reste la transition la plus courante, avec un dépôt de garantie pouvant aller jusqu'à deux mois de loyer. Son avantage : quand le propriétaire loue en direct, sans assurance loyers impayés, il peut tenir compte de votre épargne, d'un garant ou de votre parcours, ce qu'un assureur ne fait pas.
Payer plusieurs mois d'avance. La piste la plus citée sur les forums d'expatriés, et la plus mal comprise. Possible à votre demande, c'est une négociation, pas un droit, et elle ne fait pas entrer un dossier dans une grille d'assureur. Une règle à connaître : d'après l'article 22 de la loi de 1989, « un dépôt de garantie ne peut être prévu lorsque le loyer est payable d'avance pour une période supérieure à deux mois ». Six mois d'avance plus un dépôt de garantie, c'est donc ce que la loi interdit de cumuler. Et rappelons qu'aucune somme ne peut vous être demandée avant la signature du bail, comme le précise service-public.fr.
Le calendrier fiscal. Votre première déclaration française se fait l'année qui suit le retour, et le premier avis arrive ensuite : c'est là que votre dossier redevient ordinaire. Si la transition dure jusque-là, la seconde recherche se fera avec un avis français, trois bulletins français et, souvent, une période d'essai terminée.
📈 Le dossier en deux temps
Temps 1, avant le retour : compte bancaire français, traductions et conversions prêtes, attestation de l'employeur, choix d'une transition (bail mobilité si vous êtes muté, meublé sinon). Temps 2, après trois bulletins français et la fin de la période d'essai : recherche du logement durable, avec un dossier qui entre dans toutes les grilles. Vouloir tout faire en un temps, depuis l'étranger et en période d'essai, finit souvent par un meublé corporate surpayé.
📂 Le dossier qui s'explique tout seul
Face à quarante dossiers, celui qui demande une explication orale est désavantagé : personne ne l'écoutera. Un dossier d'expatrié qui passe a déjà répondu, par écrit, aux questions qu'on allait lui poser. C'est une méthode, pas un secret, en six pièces.
- →Une page de synthèse en tête. Qui vous êtes, d'où vous venez, votre employeur, votre poste, votre revenu net mensuel en euros, la date de prise de poste, le loyer visé et le taux d'effort qui en résulte. Celui qui lit cette page sait en trente secondes si le dossier entre dans sa grille.
- →Chaque pièce étrangère traduite et convertie. La traduction en regard de l'original, le montant en euros à côté du montant d'origine, le taux et la date de conversion en note. Pas de pièce que le lecteur doive décoder.
- →Une attestation de l'employeur datée de moins d'un mois. Nature du contrat, date d'entrée, rémunération nette, et la mention explicite que vous n'êtes pas en période d'essai si c'est le cas. C'est la pièce que les grilles d'assureurs lisent en premier.
- →L'avis d'imposition étranger, présenté comme ce qu'il est. Avec une ligne qui cite le décret de 2015 : cette pièce est celle que la loi prévoit quand les revenus ont été imposés hors de France. Cela coupe court à la demande d'un avis français qui n'existe pas.
- →La preuve des flux. Pour un salaire versé en France depuis peu, le premier bulletin et le virement correspondant ; pour une pension, l'historique des versements. Le décret ne les liste pas, personne ne peut les exiger, mais vous pouvez choisir de les montrer.
- →Une lettre courte. Cinq lignes, pas une page : pourquoi vous rentrez, pourquoi ce quartier, à partir de quand, pour combien de temps. Le propriétaire loue à une personne, pas à un taux d'effort.
Ajoutez-y ce que tout dossier parisien doit avoir : complet du premier coup, limité aux pièces de la liste légale, et rapide. Sur ce dernier point, un candidat à l'étranger est structurellement en retard : il ne peut pas visiter le soir même. Une personne sur place fait alors la différence, un proche ou un chasseur d'appartement en location.
✅ Ce que nous faisons, et pour qui
Notre service de chasseur d'appartement en location à Paris fait à votre place ce que la distance vous interdit : veille des annonces, candidatures, visites avec vidéo et compte rendu, montage du dossier, suivi jusqu'au bail. Paris intra-muros uniquement ; nous visons moins de 30 jours entre le premier échange et la signature. Le prix est un forfait de 2 000 € TTC, dû au succès à la signature du bail, quel que soit le loyer et le nombre de visites ; aucun frais de dossier, rien si nous ne trouvons pas.
Nous ne prenons pas tous les dossiers, et cet article explique pourquoi : nous présentons vos candidatures à des propriétaires qui, pour la plupart, sont assurés. Nos conditions suivent donc leurs grilles, et elles sont écrites noir sur blanc dans les critères par statut de notre page. Pour un expatrié, cela veut dire en pratique : un CDI hors période d'essai (muté dans votre groupe, ou embauché avec une période d'essai terminée), des revenus versés en France d'au moins trois fois le loyer charges comprises, un loyer d'au moins 1 200 € charges comprises.
Si vous êtes en période d'essai, si vos revenus restent versés de l'étranger ou si votre pension est étrangère, nous vous le dirons dès le premier échange plutôt que de vous faire perdre un mois : ce guide et ses plans B restent votre feuille de route, et la porte est ouverte dès que votre situation change. Si votre retour se double d'un projet d'achat, notre guide pour acheter à Paris depuis l'étranger prend le relais.
❓ Vos questions sur la location à Paris en expatrié
Peut-on louer à Paris sans avis d'imposition français ?
Oui. Le décret n° 2015-1437 prévoit, quand les revenus ont été imposés dans un autre État, l'avis d'imposition de cet État ou un document de son administration fiscale, traduit en français, montants convertis en euros. Le propriétaire ne peut pas exiger un avis français à la place. Le blocage vient plutôt de la grille de son assureur, qui peut ne pas compter des revenus versés à l'étranger.
Faut-il une traduction assermentée des pièces du dossier ?
Le décret demande des pièces « rédigées ou traduites en langue française », sans exiger de traducteur assermenté. Une traduction propre, avec les montants convertis et le taux utilisé, suffit au regard du texte ; les originaux doivent pouvoir être présentés. Certains bailleurs demandent malgré tout une traduction assermentée : c'est leur choix, pas une obligation, et cela se discute.
Pourquoi mon dossier est-il refusé alors que je gagne bien ma vie à l'étranger ?
Le plus souvent à cause de l'assurance loyers impayés du propriétaire. Le contrat Galian, par exemple, n'accepte les salariés payés à l'étranger que s'ils travaillent en Allemagne, au Luxembourg, en Suisse ou en Belgique et sont imposables en France. Un salaire versé ailleurs n'entre dans aucune case, quel que soit son montant. Chez un propriétaire non assuré, le même dossier peut passer.
Un propriétaire peut-il refuser mon garant parce qu'il vit à l'étranger ?
Pas pour ce seul motif : l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 l'interdit, et le Défenseur des droits y voit une discrimination fondée sur l'origine et le lieu de résidence. Mais si le propriétaire a souscrit une assurance loyers impayés, il ne peut demander aucun garant, sauf à un étudiant ou un apprenti : votre garant ne compte alors tout simplement pas, et seul votre dossier décide.
Faut-il un compte bancaire français pour louer ?
Pas forcément : un créancier français ne peut pas refuser un IBAN de la zone SEPA, rappelle l'Institut national de la consommation. Hors SEPA, ouvrez ou gardez un compte en France avant le retour. En cas de refus des banques, le droit au compte de la Banque de France est ouvert aux Français de l'étranger, gratuitement ; le silence d'une banque pendant quinze jours vaut refus.
Quand aurai-je mon premier avis d'imposition français ?
Après votre première déclaration, qui se fait l'année qui suit celle du retour, pour les revenus perçus entre la date du retour et le 31 décembre. En attendant, l'avis d'imposition étranger et vos premiers bulletins français tiennent lieu de justificatifs, et c'est ce que prévoit le décret.
Le bail mobilité est-il une solution en arrivant ?
Pour une mutation ou une mission temporaire, oui : un meublé de 1 à 10 mois, sans dépôt de garantie, non renouvelable. C'est un sas, le temps d'avoir des bulletins de paie français et de sortir de la période d'essai. Un retour pour un nouvel emploi n'est pas une mutation : un meublé classique d'un an joue alors ce rôle.
Vous rentrez à Paris en CDI ? Vérifions votre dossier.
Un premier échange, gratuit et sans engagement : nous regardons si votre situation entre dans les grilles des propriétaires assurés, et comment nous mènerions la recherche à votre place. Paris intra-muros uniquement.
L'équipe Comète
Agence familiale de chasseurs immobiliers, à Paris, côté acheteur
Une équipe à taille humaine, un seul interlocuteur du début à la fin. Honoraires de 2,5 % au succès uniquement.
Découvrir l'agence

