
Lire un dossier de diagnostics avant d'acheter à Paris
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- 1Les diagnostics obligatoires pour un appartement à Paris : la liste et les validités
- 2Lire les dates avant le contenu
- 3Le DPE : ce qu'il mesure, ce qu'il ignore, ce qu'un F ou un G change
- 4Plomb et amiante : les deux diagnostics de l'ancien parisien
- 5Électricité et gaz : des anomalies, pas des obligations
- 6Termites, état des risques, mérule : le Paris spécifique
- 7Carrez : 5 %, un an, et pourquoi on mesure avant l'offre
- 8Ce qui n'est pas dans le DDT, et qu'il faut demander
- 9Diagnostic manquant ou erroné : ce que dit le droit
- 10Cas client : un DDT lu en vingt minutes, une offre réécrite
- 11La grille de lecture Comète en dix points
- 12FAQ : le dossier de diagnostics avant un achat à Paris
Le dossier arrive par mail, la veille de la signature de la promesse. Soixante pages, huit diagnostics, des tableaux, des schémas, des mentions légales. L'acheteur le parcourt en diagonale, cherche la classe du DPE, referme le PDF. Vingt minutes plus tard chez le notaire, il signe un document qui affirme qu'il a « pris connaissance » de l'ensemble. C'est la scène la plus banale de l'achat parisien, et l'une des plus coûteuses : le dossier de diagnostic technique est le seul document de la vente que l'acheteur reçoit avant de s'engager, et presque personne ne le lit.
Il y a une raison simple à cela : le DDT est rédigé pour protéger le vendeur, pas pour informer l'acheteur. Chaque diagnostic est un rapport d'expert autonome, sans synthèse, sans hiérarchie, sans traduction en euros ou en décisions. Ce guide fait ce travail de traduction. Il liste les diagnostics immobiliers obligatoires pour un appartement parisien, donne leurs durées de validité, dit ce que chacun révèle et surtout ce qu'il ne révèle pas, puis dresse la liste des documents qui ne sont pas dans le DDT et qu'il faut demander. C'est, à peu de chose près, la grille que nous déroulons chez Comète sur chaque dossier, avant l'offre et jamais après.
🧾 Les diagnostics obligatoires pour un appartement à Paris : la liste et les validités
La liste est fixée par les articles L271-4 à L271-6 du Code de la construction et de l'habitation, et la fiche officielle de service-public.fr, mise à jour le 7 mars 2025, en donne le détail. Pour un appartement parisien, le dossier de diagnostic technique réunit huit à dix documents, remis au plus tard à la signature de la promesse ou du compromis. Chacun a sa condition d'application et sa durée de validité, et c'est par là qu'une lecture sérieuse commence.
| Diagnostic | Obligatoire si | Validité | Ce qu'il ne dit pas |
|---|---|---|---|
| DPE | Toujours | 10 ans ; les DPE d'avant juillet 2021 ne sont plus valables | Le confort d'été, le coût réel de vos usages |
| Plomb (CREP) | Permis antérieur au 1er janvier 1949 | 1 an si présence, illimité si absence | L'état des parties communes |
| Amiante | Permis antérieur au 1er juillet 1997 | Illimité si repérage négatif (à actualiser s'il date d'avant 2013) | Les parties communes (dossier séparé chez le syndic) |
| Électricité | Installation de plus de 15 ans | 3 ans | Aucune obligation de travaux pour le vendeur |
| Gaz | Installation de plus de 15 ans | 3 ans | Idem : il signale, il n'impose rien |
| Termites | Tout Paris (zone d'arrêté préfectoral) | 6 mois | Les autres parasites du bois et la mérule |
| État des risques (ERP) | Zones à risques ou à potentiel radon | 6 mois | Rien sur l'immeuble lui-même |
| Surface Carrez | Tout lot de copropriété | Sans limite, sauf travaux modifiant la surface | La surface au sol des sous-pentes et mezzanines |
| Audit énergétique | Maisons et monopropriétés F, G ou E : les appartements en copropriété en sont exclus | 5 ans | Précisément ce qui manque à l'acheteur d'un appartement F ou G |
| Carnet d'information (CIL) | Permis ou travaux de rénovation depuis 2023 | Suit le logement | Quasi inexistant dans l'ancien parisien |
Sources : service-public.fr, fiche F10798 (mise à jour 07/03/2025) ; Chambre des notaires de Paris, « Le dossier de diagnostic technique obligatoire » ; ministère de la Transition écologique (audit énergétique). Le diagnostic assainissement et l'état des nuisances sonores aériennes ne concernent qu'exceptionnellement un appartement parisien.
Deux absents notables de cette liste, parce qu'ils ne sont pas des diagnostics : la mention du risque de mérule, exigée dans les zones couvertes par un arrêté, et l'ensemble des documents de la copropriété, dont nous parlons plus bas. Le DDT est payé par le vendeur, de l'ordre de quelques centaines d'euros pour un appartement : c'est son dossier, établi par un diagnostiqueur qu'il a choisi. Rien n'interdit à l'acheteur de le demander avant de faire une offre. Nous le demandons systématiquement, et le refus de le transmettre est en soi une information.
📅 Lire les dates avant le contenu
Un DDT se lit d'abord par ses dates. Avant même d'ouvrir le premier rapport, la page de garde de chaque diagnostic dit si le dossier a été préparé sérieusement ou remonté à la hâte pour la promesse. Trois vérifications prennent deux minutes.
- →Le DPE est-il postérieur à juillet 2021 ? La fiche DPE de service-public.fr est sans ambiguïté : les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Un DPE de 2019 dans le dossier n'est pas un vieux document, c'est un document nul, établi avec l'ancienne méthode : il doit être refait avant la vente.
- →Termites et état des risques ont-ils moins de 6 mois ? Ce sont les deux validités les plus courtes. Un état parasitaire de neuf mois au moment du compromis devra être refait pour l'acte : s'il est déjà périmé à la promesse, le dossier n'a pas été préparé pour vous.
- →Électricité et gaz ont-ils moins de 3 ans ? Et surtout : le rapport porte-t-il sur l'installation actuelle ? Un diagnostic électrique antérieur à une rénovation récente décrit une installation qui n'existe plus, dans un sens comme dans l'autre.
Ces dates ne sont pas des formalités. Elles décalent des signatures (un diagnostic à refaire, c'est un rendez-vous de diagnostiqueur, un délai de rapport, parfois un report chez le notaire) et elles renseignent sur le vendeur : un dossier complet, à jour, transmis avant l'offre, signe une vente préparée. L'inverse aussi.
⚡ Le DPE : ce qu'il mesure, ce qu'il ignore, ce qu'un F ou un G change
Le diagnostic de performance énergétique est le seul diagnostic que tout le monde regarde, et il est chargé de plus de sens qu'il n'en porte. Il classe le logement de A à G selon sa consommation d'énergie et ses émissions théoriques, pour un usage standardisé. À l'échelle nationale, le SDES comptait au 1er janvier 2025 12,7 % de passoires énergétiques (classes F et G) parmi les résidences principales. Paris part avec un handicap structurel : 35 % des résidences principales parisiennes datent d'avant 1919 (Observatoire des territoires), et selon l'Insee, 65 % de ce parc ancien est classé E, F ou G. L'appartement haussmannien en étiquette E n'est pas une anomalie, c'est le cas courant, comme nous le détaillons dans notre guide de l'appartement haussmannien.
Ce qu'un F ou un G change est précis, et ce n'est pas une interdiction d'acheter. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être mis en location ; les F suivront en 2028, les E en 2034. Pour un achat en résidence principale, rien ne s'oppose à la vente ; pour un investisseur, la classe conditionne le droit de louer. Nous avons consacré un guide entier à l'achat d'une passoire thermique à Paris ; retenons ici ce que le DPE ne dit pas.
- →Il ne mesure pas le confort d'été : un dernier étage sous zinc peut être classé D et invivable en août. Le DPE évalue un besoin de chauffage, pas une température de chambre en canicule.
- →Il ne chiffre pas vos factures : l'estimation porte sur un usage standard, pas sur votre foyer, vos horaires, votre fournisseur.
- →Il n'engage pas de travaux : les recommandations qui l'accompagnent sont indicatives, sans devis ni ordonnancement sérieux.
- →Il ne dit rien de l'immeuble : à Paris, l'essentiel des déperditions se joue en toiture et en façade, c'est-à-dire en parties communes, hors du périmètre du diagnostic de votre lot.
⚠️ L'audit énergétique n'existe pas pour un appartement en copropriété
Beaucoup d'acheteurs croient qu'un appartement classé F ou G doit être vendu avec un audit énergétique chiffrant les travaux. C'est faux : l'audit réglementaire, obligatoire depuis avril 2023 pour les F et G, étendu aux E depuis janvier 2025 et aux D à partir de 2034, ne concerne que les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété, remis dès la première visite, selon le ministère de la Transition écologique. Un appartement en copropriété en est dispensé, même classé G. Conséquence pour l'acheteur : personne ne lui doit un chiffrage des travaux. C'est à lui de le construire, devis en main, avant l'offre, comme nous le faisons pour un appartement à rénover.
🧱 Plomb et amiante : les deux diagnostics de l'ancien parisien
Le constat de risque d'exposition au plomb (CREP) concerne tous les logements dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 1949, autant dire l'essentiel de l'ancien parisien : les peintures au plomb ont couvert les murs jusqu'à l'après-guerre. Le rapport localise les revêtements dégradés qui contiennent du plomb au-delà du seuil réglementaire. La lecture d'acheteur est simple : un CREP positif sur des peintures écaillées, dans un appartement où vivront des enfants, est un poste de travaux à intégrer avant l'emménagement, pas une découverte à faire au ponçage du premier mur. Sa validité est d'un an en cas de présence de plomb, illimitée en cas d'absence.
L'amiante suit la même logique avec une date différente : permis antérieur au 1er juillet 1997. Le repérage porte sur les matériaux accessibles des parties privatives : dalles de sol, flocages, calorifugeages, faux plafonds. Un repérage négatif vaut sans limite de durée ; un repérage ancien, antérieur à 2013, doit être actualisé car la liste des matériaux à contrôler a été élargie. Le piège parisien est ailleurs, et il est systématique.
📋 L'amiante de l'immeuble est un autre document, chez le syndic
Le diagnostic amiante du DDT couvre votre futur appartement, pas l'immeuble. Les parties communes des immeubles d'avant 1997 ont leur propre dossier technique amiante (DTA), tenu par le syndic. Cage d'escalier floquée, gaines techniques, colonnes : c'est là que se logent les vrais sujets, et c'est là que se chiffrent les futurs appels de fonds si un désamiantage accompagne un ravalement ou une rénovation de colonnes. Le DTA ne vous sera pas remis spontanément : demandez-le, au même titre que les procès-verbaux d'assemblée générale.
🔌 Électricité et gaz : des anomalies, pas des obligations
Les diagnostics électricité et gaz s'appliquent aux installations de plus de quinze ans, ce qui, à Paris, revient à dire presque toujours. Leur malentendu est le plus répandu de tout le DDT : un rapport qui liste six anomalies électriques n'oblige le vendeur à rien. Le diagnostic informe, il n'impose pas. Le vendeur qui transmet un rapport accablant a rempli toute son obligation légale ; les travaux, eux, changent de camp avec les clés.
Bien lu, c'est un document de négociation. Les anomalies sont classées et localisées : absence de liaison à la terre, tableau vétuste, matériels inadaptés aux pièces d'eau. Chacune se traduit en devis, et le total se pose sur la table avant l'offre, pas après. Voici comment nous les traitons en pratique.
- →Distinguer sécurité et confort : une absence de terre dans une salle d'eau se traite en priorité absolue ; un tableau ancien mais fonctionnel se programme.
- →Faire chiffrer avant l'offre : un électricien chiffre une mise en sécurité sur la base du rapport, souvent sans visite. C'est un montant objectif, opposable dans la discussion sur le prix.
- →Croiser avec le projet : si une rénovation complète est prévue, les anomalies disparaissent dans le chantier ; inutile alors d'en faire un drame de négociation, elles pèsent déjà dans le budget travaux.
- →Gaz : vérifier l'usage réel : beaucoup d'appartements parisiens ont abandonné le gaz sans déposer le compteur. Une installation inutilisée mais non condamnée reste diagnostiquée, et une anomalie sur un flexible périmé se règle en dix minutes.
🐜 Termites, état des risques, mérule : le Paris spécifique
On croit les termites réservés au Sud-Ouest ; c'est faux depuis longtemps. La Ville de Paris le rappelle : l'ensemble du territoire parisien est classé zone de surveillance et de lutte contre les termites depuis fin 2012, par arrêté préfectoral. Concrètement, tout appartement vendu dans Paris doit être accompagné d'un état relatif à la présence de termites daté de moins de six mois au moment de l'acte. Et l'obligation ne s'arrête pas à la vente : quiconque constate des indices d'infestation, propriétaire, locataire ou syndic, doit le déclarer en mairie d'arrondissement dans le mois.
L'état des risques (ERP) recense les risques naturels, miniers, technologiques et le potentiel radon de la parcelle. À Paris, il signale surtout les zones de dissolution du gypse et les anciennes carrières, réelles dans plusieurs arrondissements du nord et du sud, ainsi que le risque d'inondation près de la Seine. Il vaut six mois, comme les termites. La mérule, enfin, ne fait pas l'objet d'un diagnostic : seulement d'une mention lorsque le bien est dans une zone couverte par un arrêté. Un état parasitaire complet (termites, capricornes, mérule) reste possible à la demande ; sur un rez-de-chaussée humide ou des caves boisées, il vaut son prix.
📐 Carrez : 5 %, un an, et pourquoi on mesure avant l'offre
La superficie privative, dite loi Carrez, est obligatoire pour tout lot de copropriété : elle figure dans la promesse, et son absence peut entraîner la nullité de l'avant-contrat. Elle exclut les caves, parkings, lots de moins de 8 m² et toutes les parties dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 mètre. La Chambre des notaires de Paris précise la sanction : si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % (un vingtième) à celle de l'acte, l'acheteur peut exiger une diminution du prix proportionnelle au manque, dans un délai d'un an à compter de l'acte authentique.
| Ce que dit la loi Carrez | Ce que nous en faisons en pratique |
|---|---|
| La surface figure dans la promesse, mesurée sous la responsabilité du vendeur | Nous demandons le certificat de mesurage avant l'offre, et le plan qui va avec |
| Réduction du prix si l'écart dépasse 5 % | En dessous de 5 %, aucun recours : un « 42 m² » qui en fait 40,3 se paie plein pot si on ne l'a pas vu avant |
| Action dans l'année suivant l'acte authentique | Le délai court vite : mesurer avant l'offre évite d'avoir à plaider après |
| Les surfaces sous 1,80 m sont exclues | Sur un bien mansardé, l'écart annonce/Carrez peut atteindre une pièce entière : on négocie au mètre carré Carrez, jamais au sol |
Sources : article 46 de la loi du 10 juillet 1965 et décret du 17 mars 1967 ; Chambre des notaires de Paris. Le mesurage est à la charge du vendeur.
💡 Le réflexe des biens sous combles
C'est au dernier étage que la surface Carrez travaille le plus : sous-pentes, mezzanines, volumes sous 1,80 m. Un « deux-pièces de 31 m² au sol » peut faire 24 m² Carrez, et c'est sur 24 que se calcule le prix au mètre carré comparable. Nous avons détaillé ce cas, réel, dans notre guide de l'achat d'un dernier étage à Paris : la règle vaut pour tout bien mansardé, du 9e au 18e arrondissement.
📂 Ce qui n'est pas dans le DDT, et qu'il faut demander
Le défaut le plus grave du DDT n'est pas dans ce qu'il contient : c'est ce qu'il laisse croire. Un acheteur qui a lu huit diagnostics pense avoir fait le tour du bien. Or le DDT ne dit rien de la copropriété, c'est-à-dire rien de ce qui coûtera vraiment cher : travaux votés, contentieux, impayés, état de l'immeuble. Ces informations existent, dans des documents que la loi ALUR impose d'annexer à la promesse pour l'essentiel, mais qu'il faut savoir demander tôt, et lire.
| Document | Où l'obtenir | Ce qu'on y cherche |
|---|---|---|
| Procès-verbaux des 3 dernières AG | Vendeur ou syndic | Travaux votés ou à l'étude (toiture, ravalement, colonnes), contentieux, refus répétés de travaux |
| Carnet d'entretien de l'immeuble | Syndic | Historique réel : dates du dernier ravalement, de la toiture, des colonnes, contrats en cours |
| DTG et plan pluriannuel de travaux (PPT) | Syndic, quand ils existent | Le chiffrage à 10 ans des travaux de l'immeuble : la seule projection financière sérieuse |
| État daté | Syndic, avant l'acte | Charges dues, provisions, sommes restant à payer sur le lot |
| Dossier technique amiante (DTA) | Syndic | L'amiante des parties communes, absent du DDT |
Grille Comète. Les documents de copropriété annexés à la promesse relèvent de la loi ALUR ; le DTG et le PPT dépendent de la taille et de la situation de la copropriété.
La lecture croisée est ce qui rapporte le plus. Un DPE médiocre plus un PPT qui programme l'isolation de la toiture, c'est une classe énergétique qui va s'améliorer aux frais du calendrier collectif. Un diagnostic amiante privatif négatif plus un DTA qui signale des flocages en cage d'escalier, c'est un futur appel de fonds. Nous avons détaillé la lecture des charges et des travaux votés dans notre guide des charges de copropriété ; le réflexe tient en une phrase : le DDT décrit l'appartement, les documents du syndic décrivent la facture.
⚖️ Diagnostic manquant ou erroné : ce que dit le droit
Le mécanisme juridique du DDT tient dans l'article L271-4 du Code de la construction et de l'habitation. En l'absence d'un diagnostic requis lors de la signature de l'acte, le vendeur ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés correspondante. C'est toute la force du dispositif : la clause « l'acheteur prend le bien en l'état », présente dans tous les actes, ne protège le vendeur que si les diagnostics ont été fournis. Sans état termites, un vendeur reste garant d'une infestation découverte après la vente ; sans CREP, du plomb dans les peintures.
Quand un diagnostic existe mais se révèle erroné, la responsabilité bascule vers le diagnostiqueur, professionnel certifié et assuré, dont la mission ne se limite pas à un survol : la jurisprudence lui impose des investigations réelles dans les limites de sa mission. L'acheteur lésé agit alors sur le terrain de la garantie des vices cachés des articles 1641 à 1648 du Code civil, dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice, ou contre le diagnostiqueur fautif. En pratique, ces contentieux sont longs et incertains : la vraie protection n'est pas le procès d'après, c'est la lecture d'avant. Un dossier complet, à jour, lu ligne à ligne avant l'offre, ferme presque tous les angles morts, et les points restants se traitent par les conditions de l'avant-contrat.
📍 Cas client : un DDT lu en vingt minutes, une offre réécrite
📍 Un deux-pièces dans le 11e, un dossier transmis « pour information »
Nos clients veulent faire offre au prix, la concurrence est réelle. Le DDT arrive la veille : nous le lisons le soir même. Le DPE date de 2019 : nul depuis le 1er janvier 2025, à refaire, et l'étiquette E affichée dans l'annonce n'a donc aucune valeur. L'état termites a sept mois : périmé. Le diagnostic électricité liste sept anomalies, dont l'absence de terre dans la salle d'eau ; un électricien nous chiffre la mise en sécurité sur rapport en 48 heures. Le DPE refait à notre demande classe le bien F : l'acheteuse, qui envisageait de louer le bien à terme, revoit son projet en connaissance de cause. L'offre repart, argumentée poste par poste, en dessous du prix affiché ; elle est acceptée après une contre-proposition. Vingt minutes de lecture, deux appels, et une acquisition qui repose sur l'état réel du bien plutôt que sur son annonce.
✅ La grille de lecture Comète en dix points
Voici, condensée, la grille que nous appliquons à chaque dossier de diagnostics avant une offre. Elle complète notre check-list de visite : la visite lit le bien, cette grille lit le dossier.
- →1. Demander le DDT avant l'offre, pas à la promesse : le refus est une information.
- →2. Vérifier les dates : DPE post-juillet 2021, termites et ERP de moins de 6 mois, électricité et gaz de moins de 3 ans.
- →3. Lire la méthode du DPE, pas seulement la lettre : un DPE sur factures ou antérieur à 2021 se refait.
- →4. Traduire les anomalies électriques et gaz en devis, avant la discussion sur le prix.
- →5. Croiser CREP et projet familial : plomb dégradé et jeunes enfants ne cohabitent pas sans travaux.
- →6. Réclamer le DTA au syndic pour tout immeuble d'avant 1997 : l'amiante des parties communes n'est pas dans le DDT.
- →7. Confronter la surface Carrez à l'annonce, surtout sur les biens mansardés.
- →8. Lire les trois derniers PV d'AG et le carnet d'entretien : la facture de l'immeuble est là, pas dans le DDT.
- →9. Chercher DTG et PPT : s'ils existent, ils valent tous les pronostics sur les charges futures.
- →10. Faire écrire ce qui doit l'être : diagnostic à refaire, travaux promis, tout engagement du vendeur passe dans l'avant-contrat.
Ce travail est exactement celui d'un chasseur côté acheteur : notre rôle n'est pas de faire visiter plus de biens, il est de faire acheter en connaissance de cause, et nos honoraires au succès ne sont dus que si l'acquisition aboutit. Le DDT est l'un des trois dossiers que nous lisons systématiquement avant toute offre, avec les documents de copropriété et les références de prix du secteur.
❓ FAQ : le dossier de diagnostics avant un achat à Paris
Quels diagnostics le vendeur doit-il fournir pour un appartement à Paris ?
Le DPE dans tous les cas, le constat plomb pour les immeubles d'avant 1949, l'amiante pour les permis antérieurs à juillet 1997, l'électricité et le gaz pour les installations de plus de 15 ans, l'état termites (tout Paris est en zone de lutte), l'état des risques, la surface Carrez, et le carnet d'information du logement s'il existe. Le tout est réuni dans le dossier de diagnostic technique joint à la promesse.
Quand l'acheteur reçoit-il le dossier de diagnostics ?
Au plus tard à la signature de la promesse ou du compromis, auquel le DDT est annexé. Rien n'empêche de le demander avant de formuler une offre, et c'est la bonne pratique : les anomalies et les diagnostics périmés se découvrent avant de s'engager, pas après.
Combien de temps un diagnostic reste-t-il valable ?
DPE : 10 ans, mais tous les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 sont nuls depuis le 1er janvier 2025. Termites et état des risques : 6 mois. Électricité et gaz : 3 ans. Plomb : 1 an en cas de présence, sans limite en cas d'absence. Amiante : sans limite si le repérage est négatif, à actualiser s'il date d'avant 2013. Carrez : sans limite tant que la surface n'est pas modifiée.
Un diagnostic électricité avec des anomalies oblige-t-il le vendeur à faire des travaux ?
Non. Le diagnostic informe, il n'impose rien : un rapport peut lister six anomalies sans créer la moindre obligation pour le vendeur. Pour l'acheteur, ces anomalies sont un poste de budget et un argument de négociation, à faire chiffrer par un électricien avant l'offre.
Que se passe-t-il si un diagnostic manque ou est faux ?
Si un diagnostic requis manque à l'acte, le vendeur ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés pour ce risque (article L271-4 du Code de la construction et de l'habitation). Si le diagnostic est erroné, la responsabilité du diagnostiqueur, professionnel certifié et assuré, peut être engagée. L'action en garantie des vices cachés se prescrit par deux ans à compter de la découverte du vice.
L'audit énergétique est-il obligatoire pour un appartement classé F ou G à Paris ?
Non. L'audit énergétique réglementaire ne concerne que les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété (F et G depuis avril 2023, E depuis janvier 2025, D à partir de 2034). Un appartement en copropriété en est exclu, même classé G : seul le DPE est dû, et le chiffrage des travaux reste à construire par l'acheteur.
Que faire si la surface Carrez est inférieure à celle annoncée ?
Si l'écart entre la surface de l'acte et la surface réelle dépasse 5 %, l'acheteur peut exiger une réduction de prix proportionnelle, dans un délai d'un an après l'acte authentique. Sous 5 %, aucun recours n'existe : d'où l'intérêt de demander le certificat de mesurage et de comparer annonce, acte et plan avant l'offre.
Un dossier lu avant l'offre, pas après la signature
Chez Comète, nous chassons exclusivement pour les acheteurs, à Paris intra-muros. DDT, documents de copropriété, références de prix : nous lisons tout avant que vous ne vous engagiez, et nous négocions sur ce qui est établi, honoraires au succès.

Victor Plessis
Chasseur immobilier, associé fondateur
Chasseur à Paris depuis 10 ans, plus de 150 recherches menées, uniquement côté acheteur. Victor pilote la chasse et la négociation, du premier café jusqu'aux clés.
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