Frais d'agence immobilière à Paris : qui paie, combien

Frais d'agence immobilière à Paris : qui paie, combien

Qui paie vraiment les honoraires d'agence à Paris, combien ils coûtent, ce qui se négocie, et leur effet sur vos droits de mutation et votre prêt.
Victor Plessis24 septembre 202622 min de lecture
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  1. 1Frais d'agence à Paris : ce que paie vraiment l'acheteur
  2. 2Qui paie les honoraires : ce que dit la loi, ce que dit le mandat
  3. 3Combien coûtent les frais d'agence à Paris en 2026
  4. 4Lire une annonce : honoraires inclus, hors honoraires, pourcentage
  5. 5Honoraires « charge acquéreur » : environ 1 500 € de droits en moins à Paris
  6. 6Frais d'agence et prêt immobilier : ce que la banque accepte
  7. 7Les frais d'agence sont-ils négociables ?
  8. 8Les alternatives : forfait fixe, particulier à particulier, mandataires
  9. 9Chasseur immobilier vs agence : qui travaille pour l'acheteur
  10. 10Les 6 vérifications à faire avant de signer une offre
  11. 11Les questions que nous posent les acheteurs sur les frais d'agence à Paris

Un couple visite un trois-pièces près de la rue Oberkampf, dans le 11e. L'annonce affiche 624 000 € « honoraires inclus ». Trois semaines plus tard, le projet de compromis dit autre chose : 600 000 € pour le vendeur, 24 000 € pour l'agence, « à la charge du vendeur ». Ils ne comprennent pas pourquoi ils financent une commission qu'ils n'ont jamais négociée, ni pourquoi le notaire calcule ses droits sur 624 000 €. C'est la question qu'on nous pose le plus souvent sur le budget d'un achat, et la réponse tient en une phrase : la loi désigne qui paie, le marché décide qui supporte.

Ce guide explique ce que les frais d'agence immobilière à Paris coûtent réellement à l'acheteur, ce que disent les textes, comment lire une annonce, et pourquoi une ligne du mandat, « honoraires à la charge de l'acquéreur », peut vous faire économiser environ 1 500 € de droits de mutation. Il finit par la seule question qui compte vraiment : qui, autour de la table, travaille pour vous.

🧾 Frais d'agence à Paris : ce que paie vraiment l'acheteur

Le contexte d'abord. D'après le communiqué des Notaires du Grand Paris du 30 avril 2026, l'appartement ancien parisien se vend 9 580 €/m² fin février 2026, en hausse de 0,9 % sur un an, et 6 910 logements anciens ont changé de mains dans la capitale entre décembre et février, soit 10 % de plus qu'un an plus tôt. Un trois-pièces de 60 m² vaut donc autour de 575 000 €. À ce niveau de prix, une commission de 4 % représente 23 000 €.

Voici le mécanisme que personne n'explique en vitrine. Le vendeur signe un mandat avec l'agence et raisonne en net vendeur : ce qui lui restera une fois l'agence payée. L'agence ajoute ses honoraires et publie un prix « honoraires inclus ». C'est ce prix que vous lisez, que vous négociez et que vous financez. Que le mandat dise « charge vendeur » ou « charge acquéreur » ne change pas le montant du chèque : dans les deux cas, l'argent sort de votre poche. Ce qui change, c'est la façon dont le notaire et la banque le comptent, et c'est là que se joue votre intérêt.

  • Net vendeur : le prix que le propriétaire encaisse réellement, avant impôt sur la plus-value éventuelle.
  • Prix honoraires inclus, ou « FAI » : net vendeur plus honoraires d'agence. C'est le prix affiché sur l'annonce et celui que vous payez.
  • Honoraires « charge vendeur » : la commission est fondue dans le prix de vente inscrit à l'acte. Vous la payez sans la voir.
  • Honoraires « charge acquéreur » : la commission apparaît sur une ligne distincte, hors du prix de vente. Vous la payez en la voyant, et vous payez moins de droits.

⚖️ Qui paie les honoraires : ce que dit la loi, ce que dit le mandat

Aucun texte ne désigne l'acheteur ou le vendeur. La règle vient de la loi Hoguet : l'article 6 de la loi du 2 janvier 1970 impose une convention écrite qui fixe « les conditions de détermination de la rémunération, ainsi que l'indication de la partie qui en aura la charge ». Le même article interdit à l'agent de percevoir la moindre somme avant que la vente soit « effectivement conclue et constatée dans un seul acte écrit ». Le décret d'application précise le point qui vous concerne : d'après l'article 73 du décret du 20 juillet 1972, le mandat « doit préciser si cette rémunération est à la charge exclusive de l'une des parties à l'opération ou si elle est partagée », et l'agent ne peut recevoir d'honoraires « d'une personne autre que celle mentionnée comme en ayant la charge dans le mandat ».

Autrement dit, c'est le mandat de vente, signé entre le vendeur et l'agence, qui décide. Vous n'y êtes pas partie. Le Code civil ajoute une règle par défaut, « les frais d'actes et autres accessoires à la vente sont à la charge de l'acheteur », mais elle vise les frais de l'acte et s'efface devant ce que le mandat stipule. La FNAIM résume la pratique : en mandat de vente, les honoraires sont « à la charge exclusive du vendeur (mandant) ou partagés », et payés « après la signature de l'acte authentique chez le notaire ». Le tableau ci-dessous compare les trois configurations que vous rencontrerez sur le marché parisien.

Configuration du mandatHonoraires charge vendeurHonoraires charge acquéreurHonoraires partagés
Qui a signé le mandatLe vendeurLe vendeurLe vendeur
Prix affiché sur l'annonceHonoraires inclusHonoraires inclus, plus le prix hors honoraires et le pourcentage TTCHonoraires inclus, avec la part acquéreur en pourcentage
Prix inscrit à l'acte de venteLe prix total, commission compriseLe prix hors honorairesLe prix hors part acquéreur
Assiette des droits de mutationPrix totalPrix hors honorairesPrix hors part acquéreur
Ce que vous décaissezIdentiqueIdentique, droits en moinsIdentique, droits en moins sur la part acquéreur
Qui négocie la commissionLe vendeur, avant le mandatLe vendeur, avant le mandatLe vendeur, avant le mandat

Un dernier point de droit protège l'acheteur sans qu'il le sache. Un mandat irrégulier prive l'agence de toute rémunération : la Cour de cassation a rappelé le 9 septembre 2020 que « l'agent immobilier dont le mandat est nul ne peut percevoir, directement ou indirectement, aucune rémunération ». Un mandat sans numéro d'enregistrement, sans durée ou sans mention de la charge des honoraires est un mandat fragile. Nous le demandons systématiquement avant de formuler une offre, et nous expliquons pourquoi dans notre guide du mandat de recherche, qui obéit aux mêmes textes.

💶 Combien coûtent les frais d'agence à Paris en 2026

Il n'existe aucune statistique officielle du taux d'honoraires à Paris. Les Notaires, l'Insee et la FNAIM ne publient pas cette donnée, et les baromètres qui circulent sont ceux des réseaux d'agences, avec les biais qu'on imagine. La seule source neutre est nationale : dans son avis 23-A-07 du 2 juin 2023, l'Autorité de la concurrence relève un taux de commission moyen de 5,78 % TTC en France en 2022, « bien au-dessus de la moyenne de l'Union européenne, d'environ 4 % ». Elle chiffre le manque à gagner pour les ménages à près de 3 milliards d'euros par an. La version française de l'avis donne les mêmes ordres de grandeur hors taxes sur 2018 : 5,2 % en France contre 3,5 % en Europe.

Ces honoraires sont libres depuis 1987, la FNAIM le rappelle elle-même. À Paris, les barèmes que nous lisons en vitrine vont le plus souvent de 3 à 8 % TTC, et ils sont dégressifs : le pourcentage baisse quand le prix monte, ce qui explique qu'une agence du 6e affiche des taux plus bas qu'une agence du 19e pour des commissions en euros comparables. Sur un appartement à 600 000 €, l'échelle est la suivante.

  • 3 % : 18 000 €, le bas des barèmes parisiens sur les prix élevés ou en mandat exclusif négocié.
  • 4 % : 24 000 €, le taux le plus courant que nous rencontrons sur cette tranche de prix.
  • 5 % : 30 000 €, fréquent sous 400 000 € et dans les agences de quartier.
  • 5,78 % : 34 680 €, la moyenne nationale relevée par l'Autorité de la concurrence, pour situer.

📊 Pourquoi nous ne donnons pas de « moyenne parisienne »

Les chiffres du type « 5,4 % à Paris » proviennent de baromètres d'agences ou de réseaux, sans méthode publiée, parfois vieux de plusieurs années. Nous ne les reprenons pas. Ce qui compte pour vous n'est pas la moyenne mais le barème de l'agence qui vend le bien que vous voulez : il est affiché, il est obligatoire, et il se lit avant l'offre. Pour situer un prix dans son quartier, notre page des prix par arrondissement s'appuie sur les ventes réelles, pas sur les annonces.

🔍 Lire une annonce : honoraires inclus, hors honoraires, pourcentage

L'affichage des honoraires n'est pas laissé au goût de l'agence. L'arrêté du 10 janvier 2017 impose à tout professionnel d'afficher son barème TTC, en agence, en vitrine et sur son site, en indiquant « à qui incombe le paiement de cette rémunération ». Pour les annonces de vente, son article 3 exige le prix honoraires inclus et le prix hors honoraires, le premier écrit en caractères plus grands, le pourcentage TTC des honoraires quand ils sont à la charge de l'acquéreur, et la mention de qui les paie. L'ANIL le confirme : dès qu'une annonce prévoit des honoraires charge acheteur, « ceux-ci doivent être mentionnés sous forme de pourcentage TTC du prix de vente ».

La règle est claire, son application l'est moins. D'après le bilan des contrôles de la DGCCRF relayé par le Journal de l'Agence en avril 2025, 65,1 % des professionnels de l'immobilier contrôlés en 2023 présentaient au moins une anomalie : barèmes absents ou incomplets, tarifs affichés hors taxes, mandats exclusifs fictifs, annonces périmées maintenues en ligne. Deux agences sur trois. Quand vous lisez une annonce parisienne, cherchez donc quatre choses, et notez ce qui manque.

  • Le prix hors honoraires : c'est lui que vous comparez au prix du quartier et que vous inscrirez dans votre offre. S'il manque, demandez-le par écrit.
  • Le pourcentage TTC : 4 % de 600 000 € ne se lit pas de la même façon que « 24 000 € ». Vérifiez qu'il correspond au barème affiché sur le site de l'agence.
  • La mention de la charge : « honoraires à la charge du vendeur » ou « de l'acquéreur ». Elle conditionne le calcul de vos droits et la lecture de la banque.
  • Le barème de l'agence : un barème introuvable ou « à partir de » est une anomalie, et un signal sur la façon dont l'agence traitera le reste de la vente.

⚠️ Le prix « honoraires inclus » n'est pas le prix du bien

C'est la confusion la plus coûteuse que nous voyons chez les acheteurs qui cherchent seuls : ils comparent un prix honoraires inclus à 10 000 €/m² avec les 9 580 €/m² des Notaires, qui sont des prix hors honoraires, et concluent que le bien est « au prix ». Il est en réalité 4 à 5 % au-dessus. Toute comparaison de marché se fait sur le prix hors honoraires, et toute offre aussi.

🧮 Honoraires « charge acquéreur » : environ 1 500 € de droits en moins à Paris

Ici se trouve le vrai enjeu pour l'acheteur parisien. Les droits de mutation, ce qu'on appelle à tort les frais de notaire, sont calculés sur le prix inscrit à l'acte. Le Bulletin officiel des finances publiques est explicite : « la commission versée à l'intermédiaire n'entre pas dans l'assiette des droits de mutation à titre onéreux lorsque le mandat précise qu'elle sera mise à la charge de l'acquéreur ». À l'inverse, une commission mise à la charge du vendeur mais payée par l'acquéreur « constitue une charge augmentative du prix à soumettre aux droits de mutation ». La ligne du mandat décide donc de votre assiette fiscale.

Et à Paris, cette assiette coûte cher. Le Conseil de Paris a porté le droit départemental à 5 % à compter du 1er avril 2025, sauf pour les primo-accédants qui achètent leur résidence principale, comme le rapportent les Notaires de France. Le BOFIP encadre cette hausse du 1er avril 2025 au 31 mars 2028. Avec la taxe communale de 1,20 % et le prélèvement de 2,37 % pour frais d'assiette, impots.gouv.fr aboutit à un taux global maximal de 6,32 % dans l'ancien. Nous avons détaillé ce barème dans notre guide des frais de notaire à Paris. Reprenons l'appartement du 11e pour mesurer l'effet de la ligne du mandat.

Même bien, 600 000 € net vendeur, honoraires 4 %Honoraires charge vendeurHonoraires charge acquéreur
Prix affiché honoraires inclus624 000 €624 000 €
Prix inscrit à l'acte (assiette des droits)624 000 €600 000 €
Honoraires d'agence24 000 €, fondus dans le prix24 000 €, sur une ligne distincte
Droits de mutation à 6,32 %39 427 €37 911 €
Droits si primo-accédant (5,81 %)36 234 €34 840 €
Total décaissé, hors émoluments du notaire663 427 €661 911 €
Économie pour l'acheteurRéférence1 516 € (1 394 € pour un primo-accédant)

Calcul Comète, à partir du taux de 6,3185 % (5 % majoré de 2,37 %, plus 1,20 % de taxe communale) et de 5,8067 % pour le primo-accédant resté au droit départemental de 4,50 %. Les émoluments du notaire, eux aussi proportionnels au prix, ne sont pas comptés ; ils vont dans le même sens. Sur une commission de 24 000 €, l'écart est de 1 516 €. Sur un bien à un million d'euros avec 3,5 % d'honoraires, il dépasse 2 200 €. Ce n'est pas une fortune, mais c'est de l'argent que vous obtenez sans négocier quoi que ce soit : il suffit que le mandat le prévoie.

⚠️ La ligne se change dans le mandat, jamais dans le compromis

Si le mandat dit « charge vendeur » et que le compromis vous fait payer les honoraires, l'administration les réintègre dans l'assiette : c'est le paragraphe 40 du BOFIP, la « charge augmentative du prix ». Le basculement en charge acquéreur se fait par un avenant au mandat, signé par le vendeur et l'agence avant votre offre. C'est une pratique courante à Paris, et les agences y consentent volontiers puisque leur commission ne change pas. Il faut simplement le demander, et vérifier que le compromis reprend bien deux montants distincts.

🏦 Frais d'agence et prêt immobilier : ce que la banque accepte

L'avantage fiscal a une contrepartie que les acheteurs découvrent trop tard, au moment de l'accord de prêt. Quand les honoraires sont à la charge du vendeur, ils font partie du prix de vente : la banque finance le prix, donc elle finance la commission, sans se poser la question. Quand ils sont à la charge de l'acquéreur, ils sortent du prix et beaucoup d'établissements les rangent avec les droits de mutation, dans la catégorie des frais d'acquisition. Or la plupart des banques demandent aujourd'hui que ces frais soient couverts par l'apport, comme nous l'expliquons dans notre guide de l'apport à Paris.

Reprenons notre exemple. En charge vendeur, vous empruntez sur 624 000 € et apportez les droits, soit environ 39 000 €. En charge acquéreur, vous empruntez sur 600 000 €, et il vous faut apporter les droits plus les 24 000 € d'honoraires, soit environ 62 000 €. Vous avez gagné 1 516 € de droits et perdu 24 000 € de capacité d'emprunt. Pour un acheteur qui a l'apport, l'arbitrage est évident. Pour un primo-accédant qui a réuni ses 10 % à l'euro près, la charge vendeur reste parfois la seule option finançable, et l'économie de droits attendra le prochain achat. Toutes les banques n'ont pas la même lecture : certaines acceptent de financer les honoraires charge acquéreur dès lors qu'ils figurent dans le compromis. Il faut le savoir avant de formuler l'offre, pas après.

💡 Trois lignes à faire écrire par votre banque avant l'offre

Demandez à votre conseiller ou à votre courtier une simulation avec le prix hors honoraires, les honoraires d'agence sur une ligne séparée, et les droits de mutation calculés sur le prix hors honoraires. Si la banque refuse de financer la ligne « honoraires », vous saurez qu'il faut soit un apport supplémentaire, soit rester en charge vendeur. Ce n'est pas un détail que l'agence anticipera pour vous : elle est payée dans les deux cas.

🤝 Les frais d'agence sont-ils négociables ?

Oui, et le droit le dit expressément. Depuis l'arrêté du 26 janvier 2022, en vigueur au 1er avril 2022, le barème affiché par une agence indique des prix maximums, afin, dit la notice du texte, de « permettre aux consommateurs qui le souhaitent de négocier à la baisse le prix des prestations ». Le taux en vitrine est un plafond, pas un tarif. Mais cette négociation appartient au vendeur : c'est lui qui signe le mandat, et c'est avant cette signature que le taux se discute, souvent en échange d'une exclusivité.

Vous, acheteur, n'avez pas signé le mandat et ne pouvez pas rouvrir la commission. Ce que vous négociez, c'est le prix honoraires inclus, et c'est ce que nous faisons pour nos clients. Nous visons 8 % de négociation en moyenne sur le prix affiché, et nous expliquons la méthode dans notre guide pour négocier le prix d'un appartement à Paris.

  • L'ancienneté de l'annonce : un bien publié depuis plus de trois mois a déjà baissé une fois et le vendeur a intégré l'idée d'une seconde baisse.
  • Le financement prouvé : une attestation de banque ou de courtier vaut plus qu'une offre au-dessus du prix sans dossier. L'agence défend l'acheteur solide auprès du vendeur.
  • Les faits du bien : travaux votés, charges, DPE, procédures. Une offre argumentée sur des documents se négocie ; une offre « parce que c'est cher » ne se négocie pas.
  • Le net vendeur : connaître le prix hors honoraires permet de calculer ce que le vendeur touche vraiment, et de formuler une offre que l'agence peut présenter sans la retraduire.

🧭 Les alternatives : forfait fixe, particulier à particulier, mandataires

Le marché de l'entremise change, l'Autorité de la concurrence y voyait d'ailleurs la principale chance de faire baisser les taux. Trois modèles se sont installés à Paris à côté de l'agence classique, et chacun modifie ce que l'acheteur voit sur l'annonce. Les agences à forfait fixe facturent au vendeur quelques milliers d'euros, quel que soit le prix du bien, et vendent souvent sans visites accompagnées : pour vous, la commission dans le prix est plus faible, mais le vendeur sait ce qu'il économise et le garde rarement pour vous. Les mandataires et conseillers de réseaux travaillent sans vitrine sous la carte professionnelle de leur tête de réseau, avec des taux généralement inférieurs à ceux des agences ; les règles de la loi Hoguet, l'affichage du barème et la charge des honoraires s'appliquent à eux de la même manière.

Reste la vente de particulier à particulier. Une étude commandée par un réseau d'agences et relayée par MySweetImmo en février 2026 estime que 32 % des vendeurs des cinq dernières années ont vendu sans professionnel, et que 85 % d'entre eux ont rencontré au moins une difficulté. Le commanditaire n'est pas neutre, l'ordre de grandeur est plausible. Pour l'acheteur, l'absence de commission ne veut pas dire un prix plus bas : les vendeurs particuliers se calent sur les annonces d'agence, honoraires inclus, et personne n'a vérifié le dossier de copropriété avant vous. Notre check-list de visite s'applique deux fois plus dans ce cas.

IntermédiairePour qui il travailleQui le paie, et quandCe que l'acheteur y gagne
Agence traditionnelleLe vendeur, qui a signé le mandatLe vendeur, à l'acte, via le prix honoraires inclusDes visites et un dossier, sur le seul portefeuille de l'agence
Agence à forfait fixeLe vendeurLe vendeur, quelques milliers d'euros au succèsUne commission plus faible dans le prix, sans garantie qu'elle vous soit rétrocédée
Mandataire ou réseauLe vendeurLe vendeur, à l'acte, taux souvent inférieursMêmes obligations Hoguet, service variable selon la personne
Particulier à particulierPersonneAucun honoraireUn prix souvent calé sur les annonces d'agence, et aucun filtre avant vous
Chasseur immobilierL'acheteur, qui a signé le mandat de rechercheL'acheteur, à l'acte, au succèsTout le marché, la vérification avant l'offre, la négociation du prix honoraires inclus

🎯 Chasseur immobilier vs agence : qui travaille pour l'acheteur

Relisez l'article 73 du décret de 1972 : l'agent ne peut être payé que par la partie désignée dans son mandat. L'agence qui vous fait visiter est mandatée par le vendeur, payée par le vendeur, et sa mission est de vendre au meilleur prix pour lui. Elle n'a rien à vous vendre d'autre que son portefeuille. Le résultat, dans un achat parisien, est un déséquilibre que nous avons décrit dans chasseur immobilier vs agence : d'un côté un vendeur conseillé par un professionnel, de l'autre un acheteur avec ses alertes et ses week-ends, seul face à la plus grosse décision financière de sa vie.

Le chasseur immobilier est le seul intermédiaire mandaté par l'acheteur. La Fédération des chasseurs immobiliers le formule ainsi : les honoraires « sont facturés à l'acquéreur, signataire du mandat de recherche », leur montant est libre, et « nulle rémunération n'est exigible en amont ». Une étude de l'ANIL, ancienne mais toujours citée, situait ces honoraires entre 2 et 6 % selon la valeur du bien et l'étendue de la mission. Nous avons détaillé le barème actuel dans combien coûte un chasseur immobilier à Paris.

Les honoraires du chasseur rémunèrent la recherche sur tout le marché et pas un seul portefeuille, la vérification du mandat, du barème et de la ligne de charge, l'audit de la copropriété avant l'offre, et la négociation du prix honoraires inclus. Chez Comète, ce sont 2,5 % du prix d'acquisition, minimum 10 000 €, dus au succès, chez le notaire, et rien avant. Aucune agence ne nous verse de rétrocession : le décret l'interdirait de toute façon, et c'est la condition pour vous dire ce que nous pensons d'un bien, même quand c'est non. Environ 20 % des biens que nos clients visitent le sont en avant-première, avant leur publication, et une recherche dure 45 jours en moyenne jusqu'à l'offre acceptée. Le détail du barème et un simulateur sont sur notre page honoraires au succès, et le déroulé d'une recherche, du cadrage aux clés, sur notre page méthode.

📍 Ce que ça change sur un dossier, exemple reconstitué

Un couple avec un apport de 130 000 € cherche un trois-pièces dans le 11e. Le bien retenu est affiché 655 000 € honoraires inclus, 4 % charge vendeur. Nous obtenons le mandat, vérifions le barème, et formulons l'offre sur le net vendeur, documents de copropriété à l'appui : 605 000 € net, honoraires basculés en charge acquéreur par avenant. La banque, consultée avant l'offre, finance le prix et exige l'apport pour les frais, ce que le couple peut suivre. Résultat : 26 000 € de moins que le prix affiché, environ 1 500 € de droits en moins, et un compromis où chaque ligne correspond au mandat.

✅ Les 6 vérifications à faire avant de signer une offre

Que vous achetiez seul ou accompagné, ces six points se vérifient en une heure et évitent la plupart des mauvaises surprises du compromis. Ils tiennent tous dans la logique de ce guide : le mandat décide, l'annonce doit le refléter, le compromis doit le reprendre, et rien n'est dû avant l'acte. Les étapes qui suivent l'offre sont décrites dans notre guide de l'offre au compromis, et le parcours complet dans les 7 étapes d'un achat à Paris.

  • Demander le mandat de vente : il doit exister, être numéroté, daté, limité dans le temps et préciser la charge des honoraires. Sans mandat valable, l'agence n'a droit à rien.
  • Lire la ligne de charge : vendeur, acquéreur ou partagée. Si elle vous est favorable en charge acquéreur, demander l'avenant avant l'offre, pas au compromis.
  • Comparer le barème et le pourcentage : le taux de l'annonce doit correspondre au barème affiché de l'agence, TTC, et ce barème est un maximum.
  • Formuler l'offre sur le prix hors honoraires : en indiquant séparément les honoraires et leur charge. Une offre « à 620 000 € FAI » laisse l'agence répartir à sa guise.
  • Vérifier le plan de financement : la banque a-t-elle lu les honoraires dans le prix ou hors prix ? L'accord de principe doit porter sur le montage retenu.
  • Relire le compromis ligne à ligne : prix de vente, honoraires, charge, bénéficiaire. Trois montants doivent se retrouver à l'identique : mandat, annonce, compromis.

Deux délais vous protègent enfin. Après la signature du compromis, l'article L271-1 du Code de la construction et de l'habitation vous donne dix jours pour vous rétracter, à compter du lendemain de la première présentation de la lettre qui vous notifie l'acte, sans motif ni pénalité. Et quoi qu'en dise un intermédiaire pressé, aucun honoraire n'est dû avant l'acte authentique : c'est l'article 6 de la loi Hoguet. Un agent qui demande un acompte ou une « provision » à la signature du compromis est hors du droit.

❓ Les questions que nous posent les acheteurs sur les frais d'agence à Paris

Qui paie les frais d'agence à Paris, l'acheteur ou le vendeur ?

Juridiquement, la partie désignée dans le mandat de vente, le plus souvent le vendeur. Économiquement, toujours l'acheteur : le prix affiché « honoraires inclus » contient la commission, et le vendeur raisonne en net vendeur. La mention « charge vendeur » ou « charge acquéreur » ne change pas le montant que vous payez, mais elle change l'assiette de vos droits de mutation et la lecture de la banque.

Combien coûtent les frais d'agence à Paris ?

Il n'existe pas de statistique officielle parisienne. La moyenne nationale relevée par l'Autorité de la concurrence est de 5,78 % TTC en 2022, contre environ 4 % dans l'Union européenne. À Paris, les barèmes affichés vont le plus souvent de 3 à 8 % TTC, dégressifs selon le prix. Sur un appartement à 600 000 €, 4 % représentent 24 000 €.

Les frais d'agence sont-ils négociables ?

Oui. Les honoraires sont libres et, depuis l'arrêté du 26 janvier 2022, le barème affiché indique des prix maximums. Le vendeur négocie le taux avant de signer le mandat. L'acheteur, qui n'a pas signé le mandat, négocie le prix honoraires inclus.

Honoraires « charge acquéreur » : quel avantage pour moi ?

Quand le mandat met les honoraires à la charge de l'acquéreur, les droits de mutation sont calculés sur le prix hors honoraires, selon le BOFIP. À Paris, avec un taux global de 6,32 % depuis avril 2025, 24 000 € d'honoraires sortis de l'assiette économisent environ 1 500 € de droits, et environ 1 400 € pour un primo-accédant resté au taux de 5,81 %.

La banque finance-t-elle les frais d'agence ?

Quand ils sont à la charge du vendeur, ils sont dans le prix et donc dans le prêt. Quand ils sont à la charge de l'acquéreur, beaucoup de banques les traitent comme des frais d'acquisition à couvrir par l'apport, au même titre que les droits de mutation. Faites préciser ce point par votre banque ou votre courtier avant de formuler l'offre.

Que signifie « prix FAI » ou « honoraires inclus » ?

C'est le prix total payé par l'acheteur, honoraires d'agence compris. Depuis l'arrêté du 10 janvier 2017, l'annonce doit aussi indiquer le prix hors honoraires et, quand ils sont à la charge de l'acquéreur, leur pourcentage TTC. C'est le prix hors honoraires qui se compare aux prix du quartier et qui s'inscrit dans une offre.

Quand les honoraires d'agence sont-ils dus ?

Uniquement à la signature de l'acte authentique, jamais avant : c'est l'article 6 de la loi Hoguet. Un mandat irrégulier prive l'agent de toute rémunération, comme l'a rappelé la Cour de cassation en 2020. L'acheteur conserve par ailleurs dix jours de rétractation après la notification du compromis.

Un professionnel de votre côté, payé par vous, au succès

Chez Comète, nous chassons exclusivement pour les acheteurs, à Paris. Nous lisons le mandat, le barème et la ligne de charge avant chaque offre, nous formulons l'offre sur le prix hors honoraires et nous négocions le prix honoraires inclus. Honoraires au succès, 2,5 % du prix d'acquisition, rien avant l'acte.

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Victor Plessis

Victor Plessis

Chasseur immobilier, associé fondateur

Chasseur à Paris depuis 10 ans, plus de 150 recherches menées, uniquement côté acheteur. Victor pilote la chasse et la négociation, du premier café jusqu'aux clés.

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