Faut-il acheter à Paris en 2026 ? Prix, taux, marché

Faut-il acheter à Paris en 2026 ? Prix, taux, marché

Prix à 9 550 €/m², taux autour de 3,3 %, ventes en hausse mais qui ralentissent : lecture chiffrée et datée pour décider d'acheter à Paris en 2026.

Victor PlessisMis à jour le 15 octobre 202619 min de lecture
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  1. 1Où en sont les prix à Paris en 2026 ?
  2. 2Pourquoi personne ne connaît le prix du mois
  3. 3Taux et capacité d'emprunt : ce que le crédit change vraiment
  4. 4Volumes : le marché s'est-il vraiment débloqué ?
  5. 5Les arguments pour acheter à Paris en 2026
  6. 6Les arguments pour attendre
  7. 7Attendre six mois : le calcul
  8. 8Acheter à Paris en 2026 : la lecture par profil
  9. 9Pour et contre : le récapitulatif
  10. 10Conclusion : un marché de décision, pas d'évidence

La question revient à chaque rendez-vous depuis le début de l'année : faut-il acheter à Paris en 2026, ou laisser passer encore quelques mois ? Côté acheteur, c'est légitime. Après deux années de correction et une remontée des taux qui a rebattu les cartes, le marché parisien donne à l'automne 2026 des signaux contradictoires : les prix sont stables autour de 9 550 €/m², les ventes progressent mais moins vite qu'au printemps, et le crédit recommence à se tendre. En tant que chasseurs, nous voyons le marché de l'intérieur, bien et acquéreur par acquéreur. Cet article n'est pas une page de vente : c'est une lecture honnête et chiffrée de la situation, pour vous aider à décider en connaissance de cause.

Nous allons regarder où en sont réellement les prix, pourquoi aucun chiffre ne décrit le marché du mois en cours, ce que les taux font à votre capacité d'emprunt, si le marché s'est débloqué côté volumes, puis poser les arguments dans les deux sens. Vous ne trouverez pas ici de réponse universelle : la bonne décision dépend de votre profil, de votre horizon et du bien précis que vous visez. Toutes les données chiffrées sont sourcées en lien et datées. Mise à jour du 15 octobre 2026 avec les chiffres des Notaires du Grand Paris publiés le 1er octobre.

Où en sont les prix à Paris en 2026 ?

Le fait le plus structurant tient en une ligne : Paris est repassé sous la barre des 10 000 €/m² fin 2025, et n'en bouge plus. Selon le communiqué des Notaires du Grand Paris du 1er octobre 2026, le prix des appartements anciens s'établit à 9 550 €/m² à fin juillet 2026, en recul de 0,5 % sur un an. Les avant-contrats annoncent 9 600 €/m² en octobre, toujours 0,5 % sous le niveau d'un an plus tôt. Les notaires y lisent « une stabilisation des prix », plutôt « qu'une réelle orientation à la hausse ou à la baisse ».

Ce plateau succède à une vraie correction : entre les sommets de 2020-2021 et début 2025, le prix parisien a reculé d'environ 10 % en cumulé, davantage sur certains biens à défauts. Pour un acheteur, c'est la donnée centrale : vous n'achetez plus au plus haut, et rien dans les avant-contrats n'annonce de rebond rapide ni de nouvelle baisse. À l'échelle nationale, la note de conjoncture n° 72 des Notaires de France (juillet 2026) dit la même chose : un marché « où la négociation continue de primer sur des variations de prix plus marquées ».

IndicateurValeurPériodeSource
Prix des appartements anciens, Paris9 550 €/m² (−0,5 % sur un an)Mai à juillet 2026Notaires du Grand Paris
Projection sur avant-contrats, Paris9 600 €/m² (−0,5 % sur un an)Octobre 2026Notaires du Grand Paris
Ventes de logements anciens, Île-de-France36 810 (+5 % sur un an, +4 % à Paris)Mai à juillet 2026Notaires du Grand Paris
Ventes sur douze mois, France949 000 (+5,7 % sur un an)À fin mai 2026Notaires de France
Taux moyen du crédit immobilier3,31 % hors assurance (3,35 % sur 25 ans)Août 2026Observatoire Crédit Logement/CSA

Sources : Notaires du Grand Paris (communiqué du 1er octobre 2026), Notaires de France (note n° 72, juillet 2026), Observatoire Crédit Logement/CSA (tableau de bord d'août 2026). Chiffres relus le 15 octobre 2026.

La moyenne parisienne, comme toujours, cache des écarts considérables : entre l'arrondissement le plus cher et le moins cher, le prix au mètre carré va presque du simple au double, et à l'intérieur d'un même arrondissement, l'étage, l'exposition, l'état et le DPE font varier le prix réel de 20 % ou plus. Il n'existe pas « un » marché parisien mais une mosaïque de micro-marchés. Nous tenons les prix par arrondissement et par quartier, tirés des ventes réelles (DVF), sur notre page secteurs : c'est elle qu'il faut regarder pour le secteur que vous visez, plutôt que la moyenne de Paris.

Pourquoi personne ne connaît le prix du mois

C'est le point que presque aucun article de marché ne dit clairement : le prix d'octobre 2026 n'existe dans aucune statistique, et il n'existera pas avant le début de 2027. Les indices notariaux, la référence la plus fiable, reposent sur les actes signés chez le notaire. Or entre l'accord sur un prix et la signature de l'acte, il s'écoule environ trois mois. Le chiffre publié le 1er octobre décrit donc des actes signés de mai à juillet, c'est-à-dire des prix négociés au printemps.

Les seuls indicateurs avancés fiables sont les avant-contrats (promesses et compromis), que les notaires utilisent pour leurs projections à quelques mois : c'est d'eux que vient le 9 600 €/m² d'octobre. Si le marché s'infléchit, à la hausse comme à la baisse, les acheteurs qui attendent la confirmation statistique la verront avec un trimestre de retard. Sur le terrain, l'inflexion se lit avant : dans le rythme des visites, les délais de vente, l'écart entre prix affiché et prix accepté.

ℹ️ Trois lectures du « prix de Paris », trois horloges

Les indices notariaux datent d'environ trois mois (actes signés). Les estimations des plateformes en ligne suivent le marché du jour, mais restent des modèles. Les prix des annonces, eux, sont des prix demandés, pas des prix conclus. Comparer ces trois familles de chiffres sans le savoir, c'est se tromper de marché.

Le bon réflexe est donc de dater chaque chiffre que vous lisez :

  • →Un indice notarial : regardez le mois des actes, pas le mois de publication. Il décrit des accords conclus environ trois mois plus tôt.
  • →Une estimation de plateforme : à jour, mais c'est un modèle statistique, pas une vente. Utile pour la tendance, fragile pour un bien précis.
  • →Un prix d'annonce : c'est une demande du vendeur. L'écart avec le prix signé varie fortement selon les défauts du bien.
  • →Une prévision : vérifiez qui parle. Une projection notariale sur avant-contrats et l'article d'un réseau d'agences n'ont pas la même valeur.

Taux et capacité d'emprunt : ce que le crédit change vraiment

Le prix d'un bien n'est qu'une moitié de l'équation. L'autre, c'est le coût du crédit, et c'est lui qui a le plus bougé ces dernières années. Après un pic à plus de 4 % fin 2023, les taux se sont détendus, puis installés sur un plateau. En août 2026, l'Observatoire Crédit Logement/CSA mesure un taux moyen de 3,31 % hors assurance : 3,14 % sur 15 ans, 3,27 % sur 20 ans et 3,35 % sur 25 ans, contre 3,09 %, 3,17 % et 3,25 % en décembre 2025. Le plateau penche donc légèrement vers le haut.

Concrètement, qu'est-ce que cela change pour votre pouvoir d'achat ? Prenons un couple qui gagne 6 000 € net par mois : à 35 % d'endettement, sa mensualité maximale est de 2 100 €, assurance comprise. Sur 25 ans, cette mensualité finance environ 421 000 € à 3,00 %, 406 000 € à 3,35 % et 380 000 € à 4,00 %, selon le calcul détaillé dans notre guide sur la capacité d'emprunt à Paris. Un tiers de point de taux, c'est près de deux mètres carrés parisiens en moins.

💡 Le taux affiché n'est pas le taux que vous obtiendrez

Les barèmes publiés sont des moyennes. Votre taux réel dépend de votre apport, de la durée, de votre profil et de la mise en concurrence des banques. Faire chiffrer votre capacité d'emprunt et obtenir un accord de principe avant de chercher évite de tomber amoureux d'un bien hors budget, et de négocier en position de faiblesse.

Il faut toutefois garder la tête froide : à 3,3 %, le crédit reste nettement plus cher qu'au début de la décennie, quand on empruntait sous 1,5 %. Et la tendance ne va pas vers la détente. Les Notaires de France notent que la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs, avec un effet sur les crédits immobiliers « que partiellement répercuté » à ce stade ; les Notaires du Grand Paris citent, le 1er octobre, « la remontée graduelle des taux de crédit immobilier » parmi les freins du marché. Personne ne connaît les barèmes de l'hiver, mais parier sur une baisse demande aujourd'hui plus d'optimisme qu'il y a six mois. Pour situer ce paramètre dans un projet complet, voyez notre guide sur les étapes clés d'un achat à Paris.

Volumes : le marché s'est-il vraiment débloqué ? 📊

Oui, mais il ralentit. Après le point bas de 2024, les transactions sont reparties. Les Notaires de France recensent 949 000 ventes de logements anciens sur douze mois à fin mai 2026, en hausse de 5,7 % sur un an. Le rythme baisse pourtant de mois en mois : +11,4 % à fin février, +7,9 % à fin mars, +5,3 % à fin avril. Les notaires y voient « une normalisation de l'activité » plutôt qu'un retournement, autour de 950 000 ventes par an.

En Île-de-France, la reprise tient mieux. Au deuxième trimestre 2026, la région a enregistré 31 750 ventes, en hausse de 10 % sur un an, et Paris a connu la plus forte progression (+20 %), selon le bilan trimestriel des Notaires du Grand Paris. De mai à juillet, la hausse est retombée à +5 % dans la région et +4 % à Paris. Ce n'est pas une rechute : la comparaison se fait avec un printemps 2025 qui avait déjà redémarré.

📊 Un marché qui respire, sans s'emballer

949 000 ventes en France sur douze mois, +20 % à Paris au deuxième trimestre, puis +4 % de mai à juillet : le marché est sorti de la paralysie de 2024. Mais les notaires décrivent des acquéreurs qui « prennent plus de temps » pour concrétiser, et des négociations qui « retrouvent une place plus importante ».

Il faut comprendre la nature de cette reprise pour ne pas la surinterpréter. Les Notaires de France parlent d'un marché « d'utilisateurs », dominé par des acheteurs qui se logent ou changent de logement, et non par des investisseurs en quête de plus-value rapide. Le marché tourne parce que les acheteurs occupants sont là, pas parce qu'une bulle se reforme. Pour un acquéreur, c'est plutôt rassurant : la demande est saine, et les prix restent tenus par la solvabilité réelle des ménages. Les mêmes notaires préviennent que les primo-accédants « demeurent les plus exposés » à une dégradation des conditions de crédit.

Les arguments pour acheter à Paris en 2026

Posons d'abord la colonne du « oui ». Plusieurs éléments objectifs plaident en faveur d'un achat dès maintenant, pour qui a le projet et le financement.

  • →Des prix corrigés. Vous achetez après une baisse cumulée d'environ 10 % par rapport aux sommets de 2020-2021, sur un marché stable sous 10 000 €/m². Le point d'entrée est plus favorable qu'il y a quatre ans.
  • →Une négociation redevenue normale. Les notaires décrivent un marché où la négociation prime sur les variations de prix : l'acheteur a retrouvé du poids, en particulier sur les biens qui traînent ou qui ont un défaut à corriger.
  • →Un crédit encore lisible. Autour de 3,3 %, le taux n'a plus rien de l'envolée de 2023. Un financement validé aujourd'hui permet de chercher sans craindre une dégradation brutale pendant la recherche.
  • →Un marché liquide. Plus de ventes qu'en 2024, donc plus de comparables : il est plus facile d'estimer un prix juste et, à terme, de revendre dans de bonnes conditions.
  • →La rareté parisienne. Paris reste un marché à l'offre contrainte, avec une demande domestique et internationale durable. Sur un horizon long, la capitale a historiquement bien résisté.

L'argument le plus solide, à nos yeux de chasseurs, n'est pas le prix moyen mais la combinaison « prix corrigé + capacité de négociation ». Un acheteur préparé, qui connaît les comparables et sait identifier les défauts d'un bien, peut obtenir une décote réelle : nous visons 8 % de négociation en moyenne, et cette marge se construit avec des arguments (travaux chiffrés, DPE, ventes récentes comparables), pas avec un rabais uniforme. Notre guide pour négocier le prix d'un appartement à Paris détaille la méthode poste par poste.

Les arguments pour attendre

La colonne du « attendre » mérite tout autant d'attention, parce qu'aucune de ces objections n'est négligeable.

  • →Le coût du crédit reste élevé. À 3,3 %, le poids des intérêts sur vingt ou vingt-cinq ans est nettement supérieur à celui de la décennie précédente. Certains parient encore sur une détente, même si la tendance de l'automne va plutôt dans l'autre sens.
  • →Un environnement incertain. Les Notaires du Grand Paris jugent la reprise « fragile » et citent la faiblesse de la croissance, les tensions sur les prix de l'énergie et la remontée des taux. La trajectoire n'est pas garantie.
  • →L'enjeu DPE et travaux. Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les F le seront en 2028. Un bien énergivore peut imposer des travaux lourds, parfois en copropriété, et peser sur la revente ou la mise en location.
  • →Une reprise qui ralentit. La hausse des volumes s'est réduite de moitié depuis février au niveau national. Un retournement de la conjoncture pourrait freiner la dynamique, et donc les prix.
  • →Le risque de surpayer dans la précipitation. Acheter vite, sans étude des comparables ni diagnostic des défauts, reste le meilleur moyen de payer trop cher, quel que soit le contexte.

⚠️ Le DPE, un paramètre à chiffrer avant de signer

Depuis le 1er janvier 2026, le mode de calcul du DPE a été révisé (coefficient de conversion de l'électricité abaissé de 2,3 à 1,9), ce qui ferait sortir mécaniquement environ 850 000 logements du statut de passoire thermique en France. Un même bien peut donc avoir « changé d'étiquette » sans aucuns travaux. Vérifiez toujours la date et la version du DPE, faites estimer le coût réel des travaux avant de fixer votre prix, et lisez notre analyse de la décote des DPE F et G à Paris sur cinq ans de ventes.

Attendre six mois : le calcul

La question « acheter maintenant ou attendre » se pose presque toujours mal. Sur un marché qui bouge de quelques dixièmes de pour cent par an, attendre ne rapporte presque rien sur le prix. En revanche, attendre a un coût certain : des mois de loyer, et le risque de voir le crédit se durcir entre-temps.

L'arithmétique est simple à poser pour votre propre cas. Six mois d'attente avec un loyer de 1 500 € représentent 9 000 € dépensés à fonds perdus. Pour que l'attente soit gagnante, il faudrait que le prix de votre futur bien baisse d'au moins autant, soit environ 1,5 % sur un achat à 600 000 € : un mouvement que les avant-contrats n'annoncent pas (−0,5 % sur un an attendu en octobre). À l'inverse, un quart de point de taux en plus sur la même période amputerait votre capacité d'emprunt d'environ 2,5 %. Le rapport risque/gain de l'attente s'est inversé par rapport à 2023-2024, quand la baisse des prix était réellement en cours.

La vraie question n'est donc pas « quand le marché sera-t-il au plus bas ? » mais « mon projet est-il prêt ? ». La décision se prend sur votre horizon de détention, votre financement et la qualité du bien, pas sur une courbe de prix.

Acheter à Paris en 2026 : la lecture par profil

La même conjoncture ne produit pas la même décision pour un résident de long terme, un acheteur qui revend, un investisseur et un primo-accédant. Voici comment nous lisons le marché selon le profil.

Le résident qui s'installe pour longtemps

Si vous achetez votre résidence principale avec un horizon de huit à dix ans ou plus, le « timing » parfait compte assez peu. Sur une longue période, les variations de court terme s'estompent, et le coût d'achat finit par être amorti par le fait de ne plus payer de loyer. Pour ce profil, la question n'est pas tant « est-ce le bon moment ? » que « est-ce le bon bien, au bon prix, dans le bon quartier ? ». Un point d'entrée après correction, avec une négociation possible, est plutôt favorable. La vigilance porte sur la qualité du bien et sur un financement soutenable, pas sur la prévision de marché.

L'acheteur qui revend

Quand le marché est stable des deux côtés, la vraie variable n'est plus le niveau des prix mais le calendrier entre votre vente et votre achat. Vendre au prix du marché et racheter au prix du marché, à quelques mois d'écart, se neutralise. Ce qui coûte, c'est le décalage : un crédit relais mal calibré, un compromis signé avant d'avoir vendu, ou un déménagement provisoire.

L'investisseur

Pour l'investisseur, l'équation est plus tendue à Paris. Les rendements locatifs bruts y restent parmi les plus bas de France en raison du niveau des prix, et le coût du crédit à 3,3 % comprime la rentabilité d'un achat à effet de levier. À cela s'ajoutent l'encadrement des loyers et les contraintes DPE, qui pèsent sur les biens énergivores, souvent les moins chers à l'achat. Les Notaires du Grand Paris constatent d'ailleurs que « l'investissement locatif reste particulièrement faible ». Paris garde un intérêt patrimonial pour qui cherche la préservation du capital, mais le calcul se fait à la rentabilité nette, travaux et fiscalité compris, plutôt qu'au prestige de l'adresse.

Le primo-accédant

Le primo-accédant est le grand acteur du marché « d'utilisateurs » que décrivent les notaires, et le plus exposé à la remontée des taux. Pour lui, l'enjeu central est la capacité d'emprunt : à taux qui remontent doucement, mieux vaut souvent sécuriser un financement disponible que d'attendre une baisse hypothétique. Les arrondissements de l'est et du nord-est, les moins chers de Paris (voir les prix sur notre page secteurs), ouvrent des portes. Le risque principal reste l'achat émotionnel et précipité ; notre guide du premier achat à Paris déroule le parcours complet.

Quel que soit votre profil, la constante reste la même : la décision se gagne ou se perd sur le bien précis, pas sur la moyenne du marché. C'est pour cela que les acheteurs s'entourent de plus en plus d'un professionnel dédié à leur intérêt. Nous détaillons ce que cela représente dans nos articles sur le coût d'un chasseur immobilier à Paris et sur le métier de chasseur en 2026 ; nos propres conditions sont sur la page honoraires au succès. Et pour ceux qui s'interrogent sur les biens vendus avant publication, nous démêlons le vrai du faux dans notre analyse des biens off-market à Paris.

📈 Le marché vu de notre poste d'observation

Sur une recherche active, environ 15 biens nous arrivent par jour, pour 2 à 3 réellement qualifiés par semaine, et il faut en général moins de 10 visites pour trouver. Environ 20 % des biens que nos clients visitent le sont en avant-première, avant leur publication. Une recherche accompagnée dure en moyenne 45 jours jusqu'à l'offre acceptée.

Pour et contre : le récapitulatif

Pour résumer la balance d'un seul coup d'œil, voici les principaux paramètres et leur lecture pour un acheteur à l'automne 2026. À chacun de pondérer selon sa situation.

ParamètreLecture pour l'acheteur, automne 2026
Prix9 550 €/m², stables sur un an, environ 10 % sous les sommets de 2021 : point d'entrée favorable
NégociationElle prime sur les variations de prix, selon les notaires : marché rééquilibré en faveur de l'acheteur préparé
Taux3,31 % en août, en légère remontée : encore lisibles, mais coûteux dans la durée
VolumesEn hausse (+4 % à Paris de mai à juillet) mais en ralentissement : reprise réelle, sans emballement
Énergie / DPELevier de négociation sur les biens énergivores, mais travaux à anticiper
HorizonFavorable au long terme, plus risqué pour une revente rapide

Sources : Notaires du Grand Paris (1er octobre 2026), Notaires de France (note n° 72), Observatoire Crédit Logement/CSA (août 2026). Synthèse à visée d'analyse, non un conseil individualisé.

Lu attentivement, ce tableau dit une chose : presque chaque ligne est à double tranchant. Les prix corrigés sont une opportunité, mais le crédit qui remonte en réduit le bénéfice. La reprise des volumes rassure, mais son ralentissement tempère. Le DPE est un levier de négociation autant qu'un risque de travaux. C'est cette ambivalence qui rend la décision personnelle plutôt que mécanique.

Conclusion : un marché de décision, pas d'évidence

Faut-il acheter à Paris en 2026 ? Honnêtement, il n'y a pas de réponse qui vaille pour tout le monde. Les faits sont plutôt encourageants pour un acheteur : prix stables autour de 9 550 €/m² après une correction d'environ 10 %, volumes en hausse et négociation redevenue normale. Pour un résident qui s'installe durablement et dispose d'un financement solide, le contexte est cohérent avec un achat, à condition de viser le bon bien au juste prix.

Mais les contre-arguments sont sérieux : le crédit remonte doucement, la reprise ralentit et reste jugée « fragile » par les notaires, et les contraintes énergétiques pèsent sur une partie du parc. Attendre peut avoir du sens pour un investisseur en quête de rendement immédiat, ou pour qui n'a pas encore stabilisé son apport et son projet. À l'arrivée, ce n'est pas la moyenne du marché qui fera la qualité de votre opération, mais le bien précis que vous achèterez, le prix que vous obtiendrez et l'horizon que vous vous donnez. Notre rôle de chasseur n'est pas de vous pousser à acheter : c'est de vous donner les éléments pour décider, puis, si vous décidez, de défendre votre intérêt dans les détails.

Quel est le prix moyen au m² à Paris en 2026 ?

Selon les Notaires du Grand Paris, le prix des appartements anciens s'établit à 9 550 €/m² à fin juillet 2026, en recul de 0,5 % sur un an, et les avant-contrats annoncent 9 600 €/m² en octobre. Paris reste sous la barre des 10 000 €/m² depuis fin 2025. Cette moyenne masque des écarts presque du simple au double entre arrondissements : les prix par secteur, tirés des ventes réelles, sont sur notre page secteurs.

Les prix vont-ils baisser à Paris d'ici fin 2026 ?

Rien dans les données ne l'annonce : les avant-contrats donnent 9 600 €/m² en octobre, soit −0,5 % sur un an, et les notaires parlent de stabilisation plutôt que d'orientation à la hausse ou à la baisse. Personne ne peut le garantir, mais sur un marché qui bouge de quelques dixièmes de pour cent, attendre une baisse hypothétique coûte généralement plus cher (loyers, risque de taux) qu'elle ne pourrait rapporter.

À quel taux peut-on emprunter en 2026 ?

En août 2026, l'Observatoire Crédit Logement/CSA mesure un taux moyen de 3,31 % hors assurance : 3,14 % sur 15 ans, 3,27 % sur 20 ans et 3,35 % sur 25 ans, en légère hausse depuis décembre 2025. Les notaires signalent une remontée graduelle des taux. Votre taux réel dépend de votre apport, de la durée et de la mise en concurrence des banques.

Peut-on négocier le prix d'un appartement à Paris en 2026 ?

Oui. Les Notaires de France décrivent un marché où « la négociation continue de primer sur des variations de prix plus marquées ». La marge est plus forte sur les biens en vente depuis plusieurs mois ou présentant des défauts (DPE médiocre, travaux, vis-à-vis). Nous visons 8 % de négociation en moyenne, avec des arguments chiffrés plutôt qu'un rabais uniforme.

Le marché immobilier parisien a-t-il vraiment repris ?

Oui, en volume. Paris a enregistré la plus forte hausse d'Île-de-France au deuxième trimestre 2026 (+20 % sur un an), puis +4 % de mai à juillet. En France, 949 000 ventes ont été signées sur douze mois à fin mai, en hausse de 5,7 %, mais ce rythme ralentit depuis février. Les notaires parlent d'une normalisation, portée par les acheteurs occupants plus que par les investisseurs.

Pourquoi les chiffres de prix publiés datent-ils toujours de plusieurs mois ?

Parce que les indices notariaux, les plus fiables, sont construits sur les actes de vente définitifs, signés environ trois mois après l'accord sur le prix. Le chiffre publié le 1er octobre 2026 décrit ainsi des actes de mai à juillet. Pour anticiper, les notaires publient des projections fondées sur les avant-contrats ; pour le temps réel, il faut lire le terrain : délais de vente, écart entre prix affiché et prix accepté, rythme des visites.

Est-ce un bon moment pour un primo-accédant à Paris ?

Le contexte n'est pas défavorable : prix stables après correction, négociation possible, taux encore autour de 3,3 %. Mais les notaires rappellent que les primo-accédants sont les plus exposés à une remontée des taux : sécuriser un financement disponible vaut souvent mieux qu'attendre une baisse hypothétique. Les arrondissements de l'est et du nord-est, les moins chers de Paris, ouvrent des portes. Le principal risque reste l'achat précipité, sans étude des comparables.

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Victor Plessis

Victor Plessis

Chasseur immobilier, associé fondateur

Chasseur à Paris depuis 10 ans, plus de 150 biens trouvés, uniquement côté acheteur. Victor pilote la chasse et la négociation, du premier café jusqu'aux clés.

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